La permaculture gagne du terrain à Houaïlou

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Pour replanter et multiplier les bananiers, un bulbe a été coupe en transversale, pelé à vif à certains endroits, puis mis en terre la tête en bas. Cette technique permet à plusieurs rejets de pousser. ©Rémy Gazeu
Retour à Houaïlou, pour l'association Malé'va. Quatre mois après sa précédente intervention pour dispenser une formation en permaculture, Rémy Gazeu, son fondateur, est venu vérifier si ses enseignements sont bien suivis.

Considérer les matières végétales non plus comme des déchets, et les bruler, mais comme des ressources à utiliser en compost. C'est ce que plaide le représentant de l'association Malé’va, qui est intervenu à cinq reprises, cette année, à Houaïlou.

Dans le cadre du projet Reprise et pour limiter les feux de brousse, Rémy Gazeu a enseigné la permaculture dans les tribus de Nédivin, de Boéareu, de Ouessouin, de Méareu, de Mé, de Gouaraoui, de Nindiah et de Roibahon. Ce mode de culture, qui s'appuie notamment sur la mise en place de buttes permanentes, a été bien suivi chez certains participants.

Une évidence pour certains

"Il est évident que chez un particulier, il y a davantage de suivi, parce que les gens vivent là. Sur des districts, pour des raisons liées à la Covid-19 et pour des problèmes divers, cela n'a pas nécessairement été suivi comme nous aurions pu le souhaiter", explique Rémy Gazeu, fondateur de l'association culturelle et environnementale Malé'va. "Par contre, ces gens-là ont su reporter ce qu'ils avaient appris dans leur lieu de vie", observe-t-il.

"Il faut que nous allions à tout prix vers une souveraineté semencière et alimentaire, dans la période que nous traversons. Nous sommes trop dépendant de l'extérieur, en terme d'alimentation, et il y a des produits qui ne sont pas bons pour la santé", 

Rémy Gazeu

"Cela pousse mieux"

Lors de la série de formations en permaculture, en juillet dernier, un chantier s’est déroulé chez une habitante de Nédivin. Anette Opine et sa famille ont entretenu les buttes réalisées près de l’habitation familiale. Une forme d’agriculture qu’elle  a décidé de poursuivre, après avoir constaté ses avantages.

"Cela pousse mieux, déjà. Nous voyons qu'il y a moins de bêtes qui arrivent dessus. Nous avons planté de l'ambrevade, du chou kanak, du manioc", décrit Anette. "Nous avons appris également une technique qui consiste à planter un bananier à l'envers. Cela a marché et il est robuste. Nous avons également nos petites tomates, du persil et de grosses tomates, qui ne sont pas piquées", apprécie-t-elle.

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La permaculture s'appuie notamment sur la confection et l'entretien d'une butte permanente. ©Rémy Gazeu

Pour l’association Malé’va, il est important d’éveiller les consciences sur ces techniques respectueuses de l’environnement et ces pratiques biologiques qui favorisent la vie du sol.

Le reportage de Marguerite Poigoune :

La permaculture progresse à Houaïlou