Koné : la fermeture de l’internat de l’Immaculée fait réagir

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Immaculée Koné
Après l’annonce de la Direction Diocésaine de l’Enseignement Catholique de fermer trois de ses internats dans le Nord, c'est une dernière page qui se tourne à la tribu de Tiaoué à Koné. 
 
Les portes étaient closes pour les vacances scolaires à l’Immaculée Conception et elles le resteront à la rentrée, pour l’internat de l'Immaculée, qui accueillait un peu plus d’une vingtaine d’enfants des tribus et des salariés de la zone. L’établissement scolarise 450 élèves de la maternelle aux cours moyen 2. Certains internes sont originaires de Tiaoué, la mission historique de Koné. Paradoxe : l’école de la tribu qui est passée de la tutelle catholique à l’enseignement laïque, ouvre une nouvelle classe. Le désarroi des parents est en revanche bien présent, face à la fermeture de l'internat au village. « Ça fait toujours mal au cœur, parce que ce sont tous les acquis de nos vieux. Tous les gens qui ont réussi aujourd’hui sont passés par le privé. Ça fait un petit choc », témoigne Yannick Napoarea. 
 

Rabot budgétaire territorial


Victime du coup de rabot budgétaire territorial, 25% de baisse pour l’école, la DDEC ferme son internat de Koné, mais aussi de Bondé à Ouégoa et de Ouaré à Hienghène. En même temps, les crédits publics n’interviennent que pour les bâtiments neufs, le patrimoine bâti est donc voué à l’abandon. Une page de l’histoire de l’école en brousse se tourne. « Les gens préfèrent envoyer leurs enfants à l’éducation religieuse de la DDEC, mais ils n’ont pas les moyens de les emmener tous les jours. Donc il les ont mis dans des internats », assure de son côté Maria Napoarea, ancienne pensionnaire. 

À Tiaoué, les cinq radiers qui traversent le chemin de l’école deviennent autant d’obstacles dès qu’il pleut beaucoup. Une situation qui plaidait en la faveur de l’internat de l’immaculée au village, mais qui aujourd’hui doit être revue. Retour donc aux navettes scolaires, mais par beau temps uniquement. « Avec cette réalité de la fermeture des internats, on ne pourra plus parler de l’égalité des chances », conclut Jean-Yves Goromoedo, parent d’élève. 

Un internat et deux postes d’éducateurs en moins à Koné faute de pensionnaires, les coupes budgétaires opérées dans le Nord dans l’enseignement privé se traduisent par un replis vers les centres urbains et des emplois, transférés vers le Sud. 

Le reportage de Gilbert Assawa et David Sigal :
©nouvellecaledonie
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