publicité

Quand l’aloès se tresse

Les objets en feuilles d’aloès ont le vent en poupe. A Voh, une tresseuse s’est lancée dans la confection de sacs et de chapeaux. Très vite, ces objets trouvent des acheteurs sur les réseaux sociaux.

Tout est parti d'une commande pour un chapeau, raconte Bwaouma Kahene. © La 1ère / Cédrick Wakahugnème
© La 1ère / Cédrick Wakahugnème Tout est parti d'une commande pour un chapeau, raconte Bwaouma Kahene.
  • Cédrick Wakahugnème et Jean-Noël Méro (F.T.)
  • Publié le , mis à jour le
A l’aide d’un couteau, Bwaouma Kahene enlève les fibres d’aloès de leur écorce. Ces précieux fils blancs sont la base des objets confectionnés par cette mère de famille, originaire de la tribu de Témala. «Un jour, une femme m’a demandé de réaliser un chapeau, confie-t-elle. Elle devait assister à un mariage. Ce chapeau, elle ne voulait pas qu’il soit fait avec les feuilles de pandanus. J’ai essayé de le faire avec les fibres d’aloès et j’y suis parvenue. C’est comme cela que ça a commencé.»
 

Une technique traditionnelle

La technique n’est pas nouvelle. Depuis des décennies, l’aloès est utilisé pour la fabrication d’épuisettes. Cet instrument, réservé le plus souvent aux femmes, est destiné à pêcher la crevette de rivière. «Ici, dans la région Hoot Ma Whaap, nos mères et grand-mères confectionnent les épuisettes avec ces fibres d’aloès», souligne Bwaouma Kahene en rappelant : «On utilise également l’aloès pour soigner les brûlures.»
 
© La 1ère / Cédrick Wakahugnème

La confection, un travail minutieux

Les premiers essais de la quinquagénaire sont fructueux. La confection d’un objet demande néanmoins du temps. Pour un sac par exemple, le tressage des fibres peut prendre trois jours, sans compter le temps d’assemblage. A l’aide d’un fil et d’une aiguille, Bwaouma rassemble les éléments tressés. «Il y a des sacs carrés, d’autres sont arrondis, indique la mère de famille. Pour les arrondir, j’utilise comme support des boîtes de lait et pour les sacs de forme rectangulaire, je mets des bouts de cartons pour affiner les contours.»

© La 1ère / Cédrick Wakahugnème
© La 1ère / Cédrick Wakahugnème

 

La transmission d’un savoir-faire

Des clichés de ces objets ont été postés sur Internet. Depuis, les commandes affluent. Cette rentrée d’argent représente une bouffée d’oxygène, pour la famille. Mais la tresseuse souhaite également transmettre son savoir-faire: «Cela fait deux semaines que ma fille a commencé le tressage de fibres d’aloès, je suis contente qu’elle s’occupe. C’est important de valoriser le travail des femmes et surtout de le transmettre.» Bwaouma Kahene n’écarte pas l’idée de créer des espaces d’apprentissage. En attendant, elle souhaite affiner cette technique. 

Le reportage de Jean-Noël Méro.
TRESSEUSE DE TEMALA

 

Sur le même thème

  • artisanat

    Un salon spécial Fête des mères riche en cadeaux uniques

    Bientôt la Fête des mères et pour un cadeau original, la Maison des artisans offre l’embarras du choix : bijoux, sculptures, lampes, literie, bagagerie… Les créateurs locaux exposent à Nouville de magnifiques objets d’artisanat d’art, pour toutes les bourses.

  • artisanat

    Derrière les apparences de l'artisanat

    Avec 11 000 entreprises et 16 500 actifs, l'artisanat génère un chiffre d'affaire de 150 milliards de francs CFP en Nouvelle-Calédonie. Un impact économique pas toujours bien mesuré. Le secteur progresse et les professionnels parviennent à perdurer dans un contexte pourtant peu évident. 

  • artisanat

    Il sculpte sur tronc de fougère arborescente

    Gaël Poinri, un jeune de la tribu de Tchamba à Ponérihouen, sculpte sur tronc de fougère arborescente sec. Il le faisait occasionnellement dans les années passées, mais depuis l’an dernier il a décidé  d’en faire son gagne pain.

L'actualité la 1ère partout et à tout moment
Téléchargez l'application La 1ère
  • AppStore
  • Google Play