Les éleveurs de bovins en colère

agriculture
Elevage boulouparis
©Claude Lindor
Les éleveurs sont confrontés à un problème récurent de carcasses déclarées impropres à la consommation par l’Ocef, abatteur public. Les cas se multiplient depuis deux ans, mais l’origine du problème n’est pas clairement identifiée. La grogne monte chez les producteurs.
Les éleveurs calédoniens déplorent les pertes financières liées à une augmentation jugée mystérieuse des saisies de carcasses déclarées non-conformes lors de leur arrivée à l’abattoir de l’Ocef, à Bourail.

« Aujourd’hui, on a des petits abattoirs en Brousse, l’abattage est fait et les services vétérinaires viennent passer la visite et on n’a pas ce problème-là dans ces petites abattoirs », souligne Karl-Heinz Creugnet, éleveur à Boulouparis.
 
Eleveur Boulouparis Creugnet
Karl-Heinz Creugnet déplore les pertes financières liées aux saisies. ©Claude Lindor

Le souci c’est l’examen vétérinaire après l’abattage et le dépeçage. La carcasse peut être saisie, donc déclarée impropre à la consommation puis brûlée.

« A chaque chargement, on a la peur au ventre de se faire saisir, parce que c’est une perte financière qu’on ne rattrape pas. C’est des bêtes que l’on a engraissées, mais le retour sur cet investissement il est nul », regrette Karl-Heinz Creugnet.

A l’abattoir, les inspecteurs du Sivap, le service d’inspection vétérinaire trient les carcasses. Celles jugées anormales, dont le séchage n’est pas satisfaisant, sont consignées avant un second examen. Mais les cas de saisies se sont multipliées en deux ans. 
 

C’est une perte financière qu’on ne rattrape pas. C’est des bêtes que l’on a engraissées, mais le retour sur cet investissement il est nul.

Karl-Heinz Creugnet

 

Préjudice financier

Pour Kar-Heinz Creugnet, « l’année dernière on a eu plus de 200 têtes saisies sur l’ensemble de l’année, cette année au mois d’août, on est déjà arrivé à 200 têtes. Donc on commence à s’inquiéter. L’inquiétude grandit chez tous les éleveurs et nous on pense que l’on va être obligés de se mobiliser parce que ça ne peut plus durer. »

Selon le poids, une bête est payée entre 120 000 et 150 000 francs et le préjudice financier devient préoccupant, d’autant qu’il s’ajoute à celui dû au braconnage.
 
Elevage boulouparis
©Claude Lindor

Réunis ce jeudi à Boulouparis, les éleveurs ont décidé de se mobiliser pour sortir de cette impasse sanitaire et financière. Et ils ont pris une décision à l’unanimité : « On veut savoir ce qui se passe aujourd’hui, pourquoi il y a autant de saisies alors que l’on nous dit au quotidien que l’on s’occupe de mieux en mieux de nos animaux, que nos classifications n’ont jamais été aussi bonnes au niveau de nos carcasses. Mais en parallèle, on a ce taux de saisie qui augmente sans que l’on comprenne pourquoi, qui touche aussi bien les veaux que les gros bovins et, aujourd’hui, on n’a pas de réponse », lance Nicolas Pebay, directeur de l’élevage Agrical-Ballande.

Les éleveurs comptent sur une mobilisation véhiculée ce week-end pendant la Foire de Koumac, et ils s’inviteront mercredi prochain à Nouméa, en conseil d’administration de l’Ocef.

Le reportage d'Erik Dufour, Claude Lindor et Nicolas Fasquel : 
©nouvellecaledonie
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