Les squatteurs de Dumbéa Nord demandent le courant

Les habitants des squats de Dumbéa Nord souhaitent l’installation de compteurs électriques afin d'améliorer des conditions de vie difficiles. Pour se faire entendre, ils se sont rassemblés en association. Certains vivent dans le secteur de Val-Suzon depuis une trentaine d’années.
«Le fil, il est juste devant notre maison, et on n’a pas le courant…» La maison dont parle Marguerite Qenegei est faite de matériaux de récupération. Elle y vit avec sa famille au «lotissement» Chabert, ce squat situé à Dumbéa Nord, dans le secteur de Val-Suzon. 
 

Après plusieurs AVC

Victime d’un quatrième accident cardio-vasculaire, avec une rupture d’anévrisme, Marguerite a dû être évacuée en Australie. Malgré des séances de rééducation, elle éprouve encore des difficultés au quotidien. Pour l’aider, elle peut compter sur une famille soudée, qui n’a pas hésité à agencer sa maison en la rendant plus accessible. «J’ai toujours du mal à bouger, glisse-t-elle, avec les cachets que je prend à vie. Un coup ça va, un coup ça ne va pas.» 
Son témoignage recueilli par Cédrick Wakahugnème : 

Marguerite Qenegei, habitante de Chabert

 

Pour les plus vulnérables

C'est avant tout pour les habitants les plus vulnérables que l'association des squatteurs de Dumbéa Nord demande l'installation de compteurs électriques : les personnes âgées, les personnes handicapées et les enfants en bas âge. Treize familles vivent au squat Chabert.
 

Depuis une trentaine d'années

Un site d'habitat précaire qui s'est formé au milieu des années quatre-vingts, sur terrains communaux, pour accueillir des gens déplacés par les Evénements. Les plus anciens vivent là depuis une trentaine d'années. Un choix qui a ses contraintes. Le courant devient une nécessité pour Isabelle Apiazari. La sexagénaire, qui a elle aussi subi un AVC, vit sur les hauteurs. «Je ne peux pas bouger ma main, elle est paralysée, raconte-t-elle. C’est pour ça que je demande le courant.»
 
 

Assistance respiratoire

A l’entrée du squat, Paulette Daoumé, originaire d’Ouvéa, vit grâce à son groupe électrogène. L’absence d’électricité est difficile alors que son fils handicapé, a besoin d’être alimenté, le soir venu, par masque respiratoire.
 

Un projet au long cours

A Chabert, un projet de logement individuel est envisagé depuis plusieurs années, avec le concours de la Sem Agglo. Dans un communiqué diffusé ce week-end, l'association des squatteurs de Dumbéa Nord déplore qu'«après plusieurs réunions de concertation avec les élus du conseil municipal», les demandes n'aient pas abouti, «pour améliorer les conditions de vie dans les squats de Chabert et Val-Suzon». Sollicitée, la mairie n’a pas répondu à notre demande d’interview.

Le reportage radio de Cédrick Wakahugnème : 

Le squat Chabert demande le courant


Le reportage de Coralie Cochin et Laura Schintu.
©nouvellecaledonie