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EPLP dénonce le choix du gaz naturel liquéfié pour la centrale pays

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L’association Ensemble Pour la Planète regrette le choix porté sur une « énergie fossile très polluante au plan climatique, le méthane ». Elle a d’ailleurs commandé une étude concernant la possible utilisation du solaire à concentration. 
C’est un choix qui selon l’association, « démontre le manque dramatique d’ambition écologique de nos autorités politiques » assurent les membres d’Ensemble pour la Planète. Depuis 2007, l’association demande que l'étude d’une solution 100% renouvelable soit réalisée, associant plusieurs technologies. 

Une première proposition : celle de la technologie solaire à concentration, ou solaire thermodynamique a été réalisée par les membres d’EPLP. Elle consiste à disposer une grande quantité de miroirs, pour focaliser les rayons solaires vers des tubes au sein desquels circulent de l’huile ou un sel fondu. Ce fluide chauffé à de hautes températures peut, après avoir échangé sa chaleur avec un fluide secondaire, produire de l’électricité. Les membres de l’association se disent convaincus que le solaire à concentration pourrait être une solution intéressante, au moins complémentaire. « La puissance installée dans le monde pour cette technologie en 2017 est de 5.1 GW (prévision de 10GW en 2022). Les derniers appels d’offre donnaient un coût inférieur à 10 cents de dollar le kilowatter. La surface au sol est très largement moindre que pour le photovoltaïque, il n’y a donc pas d’obstacle technologique ou commercial à sa mise en œuvre » sur le territoire assurent les membres de l’association.


Dégagement de méthane


« Pour l’instant, comme ils ont écarté le mixte éventuel avec le photovoltaïque, on passe en 100% gaz naturel liquéfié, donc c’est une centrale 100% énergies fossiles. Au lieu de directement aller vers ce type d’énergie, faisons des études sur le renouvelable. On a surtout beaucoup de soleil ici, on a une mer et du courant, des passes où il y a des différences de marées, tout cela mérite d’être étudié à l’heure où il y a beaucoup de dégagement de gaz à effets de serre. Il y a des objectifs de réduction. Quand on a une centrale à remplacer, la moindre des choses est de regarder du côté des énergies renouvelables. Or, on n’a jamais obtenu de vraies études avec plusieurs solutions », déplore Jacqueline Deplanque, présidente d’EPLP.

Une commande d’étude concernant cette technologie a été passée il y a un mois, auprès du cabinet indépendant d’expertise métropolitain « Carbone 4 » de Mr Jean-Marc Jancovici. Un examen financé sur les fonds propres de l’association, livré début mars 2020. « Nous attendons que celle-ci confirme ou informe notre hypothèse car les enjeux écologiques, sanitaires, financiers et de sécurité le justifient », explique la présidente. Elle évoque également le risque de dégagement de méthane, un gaz à effet de serre « dont l’impact est vingt-huit fois plus important au niveau environnemental que le CO2 ».

L’association tient également à rappeler que l’urgence climatique exige d’atteindre la neutralité carbone en 2050. « Ce qui suppose, de ne plus investir dans les énergies fossiles », martèlent les membres d’EPLP.