Moins de miel à cause des pluies

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Philippe Lemaitre a déjà fait une vingtaine de récoltes depuis le début de la saison.
Philippe Lemaitre a déjà fait une vingtaine de récoltes depuis fin novembre, le début de la saison de la récolte. ©Lizzie Carboni
Les agriculteurs ne sont pas les seuls touchés par les intempéries estivales. Les apiculteurs pâtissent aussi de la situation, si bien que la production de miel de certains d'entre eux a diminué.

A Boulouparis, les niaoulis sont en fleurs pour le plus grand plaisir de la reine et de ses milliers de butineuses. Qui dit fleur dit nectar, mais ce dernier a eu tendance à se raréfier ces derniers mois. En cause, les intempéries liées à la Nina qui ont rythmées la saison estivale. 

"Les pluies ont lavé le nectar qu’il peut y avoir sur les différentes fleurs. On le voit bien : quand il y a des fleurs de niaoulis qui sortent et qu’il y a un coup de pluie, elles jaunissent tout de suite. Et ça devient compliqué, explique Philippe Lemaître, apiculteur et président du Syndicat des apiculteurs de Nouvelle-Calédonie. Les abeilles ne ramènent pas suffisamment de nectars à la ruche. Tout au moins pour le stocker." 

Des cloques dans les alvéoles

Philippe Lemaître relève toutefois un point positif : "cette année, on a la chance d’avoir suffisamment de réserves pour permettre aux colonies de subsister par elles-mêmes sans avoir besoin de les nourrir. "

Si les colonies subsistent malgré la météo capricieuse, les mauvaises surprises apparaissent quand vient le temps de la récolte. Lorsque les cadres sont mis à nu, l’apiculteur découvre de petites cloques nichées dans les alvéoles. 

"C’est la conséquence de la fermentation, du temps et de l’humidité qui s’est accumulée. On voit que le miel est beaucoup plus liquide. Un miel qui est trop humide ne va pas se conserver", regrette-t-il. 

"On sera obligé d'importer"

En cette fin de saison, le président du Syndicat des apiculteurs n’a récolté qu’1,7 tonne de miel, alors que quand la saison est bonne, il en récolte près de quatre tonnes. "C’est un coup dur car on a fait des investissements en pensant arriver à ces objectifs-là qui ne seront pas atteints en fin de saison. L’ensemble des producteurs de Nouvelle-Calédonie n’arrivent pas à satisfaire la clientèle locale. On sera obligé d’importer un peu plus de miel." Et ce, sachant que les importations sont soumises à des quotas : pas plus de six tonnes par an. 

D’après la dernière enquête apicole de 2019, la Calédonie compte près 500 apiculteurs et une production qui s’élève à 190 tonnes par an.

Le reportage télé de Lizzie Carboni et de Gaël Detcheverry

©nouvellecaledonie

Le territoire calédonien recense près de 9000 colonies d’abeilles et près de 500 apiculteurs, selon la dernière étude apicole réalisée en 2019. Pour Philippe Lemaître, apiculteur et président du Syndicat des apiculteurs, la filière manque de structuration. Il nous parle des difficultés rencontrées par les professionnels. 

Le reportage radio de Lizzie Carboni et de Gaël Detcheverry

ITW Lemaitre