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La mort d'Aurélie Marcias a été causée par quatre adolescents

Ils voulaient voler une voiture et n'y arrivant pas, ils s'en sont pris à Aurélie Marcias pour dérober sa moto. L'enquête sur l'accident qui a causé la mort d'une jeune femme en Nouvelle-Calédonie le 8 mars, dans la traversée de Saint-Louis, a conduit à l'arrestation de quatre mineurs.

Le procureur et le commandant de la gendarmerie ont fait le point sur l'enquête. © NC 1ère / Malia Noukouan
© NC 1ère / Malia Noukouan Le procureur et le commandant de la gendarmerie ont fait le point sur l'enquête.
  • Malia Noukouan (F.T.)
  • Publié le , mis à jour le
Le soir du 8 mars, Aurélie Marcias perdait la vie au Mont-Dore, sur la RP1, alors que la motarde de 34 ans s’engageait dans la traversée de Saint-Louis. Dans le cadre de l’enquête, trois mineurs ont été arrêtés en milieu de semaine et placés en détention provisoire, ont détaillé ce vendredi matin le Parquet et la gendarmerie. Un quatrième est déjà incarcéré au Camp-Est, pour des faits de vols aggravés. A noter qu’un cinquième mineur a finalement été mis hors de cause dans cette affaire.
Les quatre adolescents pointés par cette enquête sont tous originaires de la tribu de Saint-Louis. L’un est âgé de 14 ans, deux ont 15 ans et le dernier en a 17. Deux, scolarisés, étaient inconnus de la justice. Le plus âgé est quant à lui bien connu du tribunal pour enfants. Ils ont été mis en examen pour tentative de vol avec violences ayant entraîné la mort, et pour non assistance à personne en danger. 
 

Une première identification grâce à l'ADN

«A l’époque des faits, toutes les pistes étaient étudiées, mais la gendarmerie disposait de très peu d’éléments», précise le procureur de la République Alexis Bouroz, car «les premières constations ont révélé qu’il n’y avait aucune trace de coup sur la moto, ni de blessure sur la victime».
«La gendarmerie a dépêché des experts de la police technique et scientifique, qui ont effectué des prélèvements minutieux», poursuit le colonel Emmanuel Miglierina, commandant de la gendarmerie en Nouvelle-Calédonie et à Wallis-et-Futuna. «Lesquels ont permis de relever un ADN et d’identifier l’un des protagonistes», celui déjà connu de la justice. « Les autres mis en cause ont été identifiés grâce au recoupement d’informations, à des écoutes téléphoniques et à des témoignages de personnes, ajoute-t-il, ce qui a permis de resserrer l’enquête sur ce groupe d’individus».
 

Ils voulaient voler une voiture

Les jeunes ont été entendus par le juge d’instruction et ils ont maintenu leurs déclarations. Le plus âgé voulait commettre un car-jacking, les autres ont suivi. Ne parvenant pas à stopper ni à voler une voiture, ils ont décidé de s’en prendre à la moto qu’ils entendaient arriver à leur hauteur.
Tous avaient un rôle bien précis. L’un d’entre eux est parvenu à faire chuter la jeune infirmière de sa Yamaha, selon des circonstances qui restent à éclaircir. «Car les déclarations varient, résume Alexis Bouroz, mais tous reconnaissent leur implication dans l’accident d’Aurélie Marcias». Les jeunes ont ensuite tenté de relever la moto pour la dérober, alors même que la victime gisait non loin. Mais ils ont pris la fuite lorsque des personnes sont arrivées sur les lieux pour la secourir. 
 

Un acte de délinquance isolé

Pour ces faits, les jeunes encourent la perpétuité. Avec l’excuse de la minorité, la peine est revue et peut aller jusqu’à trente ans de réclusion criminelle.
Il s’agit d’un acte de délinquance isolé, qui n’a aucun lien avec les blocages à répétition de Saint-Louis, précise le procureur de la République. Aucun des protagonistes n’a été identifié comme ayant participé aux exactions commises entre octobre 2016 et janvier 2017.
Des éléments que le procureur de la République a communiqués au mari d’Aurélie Marcias, après trois mois et demi d’enquête minutieuse.
 

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