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Bras de fer et statu quo entre le gouvernement et les pompiers

Le gouvernement l'expliquait la veille par communiqué, son président l'a redit ce jeudi aux journalistes: il n'a pas l'intention de recevoir les pompiers en grève, jugeant que leur revendication de professionnalisation n'est pas recevable. Le conflit semble parti pour durer.

Les pompiers face aux forces de l'ordre ce jeudi après-midi, devant le gouvernement. © NC la 1ère / Coralie Cochin
© NC la 1ère / Coralie Cochin Les pompiers face aux forces de l'ordre ce jeudi après-midi, devant le gouvernement.
  • Coralie Cochin et Sylvie Hmeun, avec F.T.
  • Publié le
[MISE A JOUR DU SOIR]

La revendication au cœur de la mobilisation d’une partie des pompiers n’est pas négociable et pas question de passer par une médiation de l'Etat, a expliqué le président du gouvernement à la presse ce jeudi après-midi. Pour la première fois depuis le début du conflit, Philippe Germain est en effet sorti de son silence… pour tirer à boulets rouges sur les manifestants qui siègent  sous les fenêtres de l'exécutif, dans un bras de fer de plus en plus tendu.
Le reportage télé de Sylvie Hmeun et Patrick Nicar.
CONFLIT POMPIERS
 

Missions précises

Selon le gouvernement, la direction de la sécurité civile et de la gestion des risques n’a pas vocation à recruter des pompiers professionnels. Elle n’intervient que sur des missions précises, comme les risques chimiques, la coordination en cas de cyclone ou en renfort lors d’incendies de grande ampleur (lire en encadré). Pas question d’utiliser les 45 millions de francs qui servent à mobiliser une centaine de pompiers volontaires, chaque année, pour recruter dix sapeurs-pompiers permanents. 
Ecoutez Philippe Germain resituer la DSCGR au micro de Coralie Cochin.
«Pas une caserne»
 

«Plans de carrière individuels»

Philippe Germain qui dénonce: «Aujourd’hui, quelques personnes, dont on sait qu’[elles] veulent profiter de leurs négociations pour des plans de carrière individuels, continuent à nous mettre la pression pour qu’on cède», attaque le président du gouvernement. «Non. Ça serait une faute politique, de céder à cette revendication: elle va à l’encontre des intérêts de la Nouvelle-Calédonie et des Calédoniens.»
«Ça serait une faute politique»
 
© NC la 1ere / Coralie Cochin
© NC la 1ere / Coralie Cochin
 

La réponse de l'intersyndicale

Pour les grévistes, catégoriques, le gouvernement ne respecte pas sa parole: la professionnalisation des pompiers de la sécurité civile faisait bien partie du protocole, signé le 27 septembre, entre l’intersyndicale et l’exécutif. «Non, les pompiers ne font pas de la surenchère. Non, les pompiers ne sont pas carriéristes», martèle en réponse Gwenval Cambon, l’un des porte-paroles.
 

«Que le président respecte sa parole»

«On demande juste à ce que le président du gouvernement respecte sa parole, respecte sa signature et nous, on ne veut pas d’un pays où le président montre cet exemple-là.» Il continue: «Il est écrit noir sur blanc, et on l’a partagé sur les réseaux sociaux, que la professionnalisation des unités de sécurité civile était bien prévue dès le 27 septembre.»
Ni surenchère, ni carriérisme
 

Jeu sur les mots

Dans les deux camps, on joue sur les mots. Philippe Germain n’a pas lui-même paraphé le protocole du 27 septembre, comme l’affirment les pompiers: il se trouvait hors du Caillou. Mais Bertrand Turaud, son directeur adjoint de cabinet, a bien apposé sa signature sur le document. 
 

800 pompiers en tout

En donnant raison aux grévistes, le gouvernement craint aussi d’ouvrir la boîte de Pandore... Car ce conflit pose plus largement la question de la mutualisation des moyens dont disposent les soldats du feu à l’échelle territoriale. Les volontaires de certaines communes se trouvent parfois dans des situations très précaires. La Nouvelle-Calédonie compte 800 pompiers, professionnels et bénévoles.
 
© NC la 1ere / Coralie Cochin
© NC la 1ere / Coralie Cochin
 

Contexte de préavis

Les corps techniques de la Fédération des fonctionnaires se joignent au mouvement, avec un préavis de grève illimité, à compter du mercredi 31 octobre, sur les plateformes aéro-portuaires du pays. 
Solidarité-NC, avec la CSTC-FO, a également déposé un préavis de grève générale qui entrera en vigueur à la même date, pour demander, «le respect et l’amélioration du dialogue au sein des institutions et entreprises», avec appel à se regrouper devant le gouvernement. 
La sécurité civile, c’est quoi ?

• La DSCGR est une direction administrative de la Nouvelle-Calédonie créée en 2003. 

• Elle est composée de quatre services administratifs aux missions très diverses, comme la rédaction des plans Orsec, le contrôle des établissements recevant du public, le développement de systèmes d’alerte et d’information.

• Elle coordonne l’organisation des secours quand la situation dépasse le seul cadre communal. En métropole, cette mission est assurée par les préfectures. En Calédonie, depuis le transfert de cette compétence au 1er janvier 2014, c’est le gouvernement qui l'assure, via la DSCGR.

• Quand les moyens des communes sont insuffisants sur le terrain, elle peut aussi intervenir en renfort des pompiers municipaux avec l’appui de sapeurs pompiers volontaires. C’est le cas fréquemment pendant la période des feux de forêt.

• Enfin, elle intervient durant toute l’année lors d’événements de sécurité civile majeurs comme les cyclones, les séismes, les mouvements de terrain ou accidents industriels majeurs. 

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