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Bus caillassé: les usagers de Kaméré mis à pied

Longue semaine, pour les gens de Kaméré qui n'ont pas de véhicule. Depuis mardi, ce quartier populaire de Nouméa est privé de car: la compagnie Karuïa a suspendu sa desserte après un caillassage, pour assurer la sécurité des passagers et des chauffeurs. Les usagers doivent se débrouiller. 

Le bus ne tournera pas à droite, pour desservir le quartier excentré de Kaméré: il va continuer tout droit. © NC la 1ère / Malia Noukouan
© NC la 1ère / Malia Noukouan Le bus ne tournera pas à droite, pour desservir le quartier excentré de Kaméré: il va continuer tout droit.
  • Malia Noukouan, avec F.T.
  • Publié le , mis à jour le
Le bus rouge passe tout droit. Depuis mardi et jusqu’à lundi matin, il ne rentre plus dans la rue Naisseline, à Kaméré. Les premiers pénalisés par le caillassage qui a conduit à cette situation, ce sont les habitants eux-mêmes. Dans le quartier, nous croisons plusieurs marcheurs, ceux qui n’ont pas d’autre moyen de transport que les cars de Karuïa: des riverains, des collégiens, des étudiants, des mamans qui emmènent leurs enfants à l’école et des travailleurs. 
  

«Ils oublient les gens plus âgés»

Comme Anna. Elle habite au fond de Kaméré. «Obligé que je marche à pied pour aller prendre le car, là-bas à la grande route, pour aller au travail», explique-t-elle, avant d’ajouter: «Je vais juste dire aux gens qui ont caillassé le car: ils oublient qu’il y a des gens plus âgés, les grands-mères, les grands-pères.»
 
Jusqu'au lundi 15 octobre, les arrêts du quartier ne sont plus desservis. © NC la 1ère / Malia Noukouan
© NC la 1ère / Malia Noukouan Jusqu'au lundi 15 octobre, les arrêts du quartier ne sont plus desservis.
 

«Au moins une demi-heure de marche»

Les vieux, nous les rencontrons le long de la rue. Certains se déplacent difficilement. Ils sont partagés entre dépit et colère. «Je suis fatiguée, souffle cette dame. J’ai 63 ans, là… Mais on est obligés de faire avec. C’est bon, quand il fait beau. Mais quand il pleut… Pour emmener mes petits-enfants chez le médecin, je suis obligée de marcher.» «Là, il faut au moins une demi-heure de marche», renchérit ce monsieur, qui trouve l’exercice un peu cher.
  

«Le côté chauffeur»

Plus loin dans le quartier, Sabine et Malia discutent devant leur maison. Malia se trouvait dans le bus au moment du jet de pierre. «Vers 7h30, les jeunes ont caillassé le car, témoigne-t-elle. C’est le côté chauffeur qu’ils ont visé.» Et oui, elle a eu peur. 
 
 

«On n’est pas tranquilles»

Ce caillassage reflète une situation tendue, à Kaméré. Une situation que Sabine décrit les larmes aux yeux. «Ici, il y a beaucoup de problèmes de cambriolages, de voitures volées, énumère-t-elle. On en parle souvent, on dirait que ça devient une banalité, mais pour nous, c’est un problème. On n’est pas tranquilles, hein, dans nos maisons. Le soir, on ne sait même pas si on va bien dormir. Ou si les jeunes, ils vont venir voler, et tout…»
 

L'insécurité subie en silence

Une insécurité face à laquelle personne n’a trouvé de solution. Pendant ce temps, c’est toute une population qui continue de subir en silence.

Un reportage de Malia Noukouan à écouter ici.
Kaméré à pied



 

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