Comment va se passer l'arrivée de la centrale flottante au port de Nouméa

nickel nouméa
Port de Nouméa commandant du port Richard Gohier
Le port de Nouméa, ici son commandant Richard Gohier, prépare l'opération depuis des mois. ©Alix Madec / NC la 1ère
Elle provient de Turquie, plus précisément du port industriel de Yalova en face d’Istanbul. Après un long voyage, la centrale électrique flottante destinée à la SLN arrive ce samedi. Après s'être engagée dans la passe de Dumbéa, elle est attendue au port autonome vers 11h30. Une opération de grande envergure jamais vue en Nouvelle-Calédonie. Le personnel du port et les remorqueurs se préparent depuis des mois.

Qu’est-ce qui mesure 245 mètres de long et une quarantaine de mètres de large, pour un tirant d’eau de 9 mètres ? Un navire aux dimensions inhabituelles, pour la Calédonie. Il transporte la fameuse centrale accostée temporaire vouée à alimenter la SLN en électricité. Son arrivée représente avec une opération de grande envergure, avec quatre grands remorqueurs. 

On va sécuriser le navire à partir de la passe de Dumbéa, jusqu’à l’arrivée aux poste 4 et 5 du grand quai du port de Nouméa. On le suivra jusqu’à son arrivée à quai, prévue à 10 heures.

Richard Gohier, commandant du port de Nouméa

Interdictions

Attention, zone d’exclusion temporaire de 500 mètres autour du bateau. Aucun plaisancier, aucun navire de pêche, aucune activité subaquatique ou de baignade, la gendarmerie maritime doit y veiller. Sur le quai, il y aura cinq lamaneurs - chargés des opérations d'amarrage ou d'appareillage des navires - et un officier de port qui indiquera au pilote l'environnement exact où le navire doit finir sa manœuvre. Ensuite, la phase suivante sera le détachement de la centrale du navire, en début de semaine prochaine. 

Il va falloir faire une réunion avec tous les acteurs pour être sûrs qu’on est bien dans les conditions, surtout d’environnement. Ça va être une opération longue. Spectaculaire sans doute mais il faudra prendre son mal en patience parce que ça peut durer entre six et huit heures. 

Brice Kiener, directeur adjoint du port autonome

Interlude

Le bateau va remplir ses ballasts, s’immerger, et il faudra attendre de longues périodes de stabilité pour pouvoir avancer au fur et à mesure. Une fois la centrale séparée du navire, elle se trouvera à un poste d’attente, pendant vingt jours. Le temps de mettre en place tous les systèmes de mouillage et de vérifier que tout fonctionne. 

Il y a des ancres 'crapaud', qui pèsent jusqu’à dix-sept tonnes pour les plus grosses, avec des lignes de mouillage, ce sont des chaînes énormes. Ces ancres vont être disposées dans des boîtes très particulières, qui font 5 m de large par 10 m. 

Brice Kiener

Et lorsque la CAT sera définitivement accostée, fin septembre, sur une zone dédiée, la SLN devra payer un million de francs par an au port autonome.

Quelques chiffres en rappel

  • 200 mégawatts, c'est la capacité de production de cette centrale qui sera raccordée à l’usine de Doniambo, lui garantissant 180 MW en continu, et au réseau électrique calédonien. 
  • Trois ans, c'est la durée prévue de sa location auprès de la société turque Karpowership, qui en est propriétaire et qui va l’opérer avec du personnel turc ainsi que du personnel calédonien d’Enercal. L’objectif affiché est de sécuriser l’alimentation électrique de Doniambo le temps d’établir la future centrale pays, à horizon 2025. 
  • 140 mètres, c'est la longueur de la CAT, pour une hauteur de 50 m, une largeur de 42 m et un tirant d’eau de 5 m. 
  • Quinze, c'est le nombre de pylônes construits pour acheminer sur 2 500 mètres l’électricité de la centrale vers l’usine.