En appel comme en première instance, vingt ans de réclusion pour le meurtre de Jean-Pierre Deteix

Aymerick Vakié, âgé de 21 ans, a vu sa peine confirmée par la cour d'assises d'appel: le jeune Kunié a été condamné à vingt ans de prison pour le meurtre de Jean-Pierre Deteix, en juin 2016. 
Les jurés ont suivi le réquisitoire de l'avocat général, et confirmé le verdict prononcé en première instance: ce vendredi en milieu d'après-midi, Aymerick Vakié a été jugé coupable de l'homicide volontaire de Jean-Pierre Deteix, et condamné à vingt ans de réclusion criminelle. Contrairement à ce qu'espéraient le jeune homme et ses avocats, la peine n'a pas été allégée. 
Le compte-rendu de William Kromwel et Sylvie Hmeun. On y entend maîtres Milliard et Delarue, maître Tehio et Helder Deteix.
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Pourvoi en cassation

A l'issue de ce procès, qui a duré trois jours devant la cour d'assises d'appel, la défense a décidé de se pourvoir en cassation. Plus tôt dans la journée, Aymerick Vakié a demandé pardon à la femme et aux enfants de Jean-Pierre Deteix. «Je n'ai jamais demandé à aller à Nouville», a-t-il dit. 
 

«Petit Kanak aux pieds nus»

La défense a plaidé pour un allègement de la peine et une requalification des faits en coups et blessures. «On n’a pas assez pris en compte la personnalité de l’accusé», estime maître Denis Milliard. Il a voulu démontrer que son client s’était senti trahi par un homme qui lui avait d’abord inspiré du respect, comme on respecte les anciens dans le monde kanak. L'avocat a présenté son client comme «un petit Kanak aux pieds nus, qui n’a eu d’autre choix que de recourir à la force après avoir rencontré un prédateur sexuel»
 

«Cynisme»

C’est maître Patrick Tehio qui avait ouvert les plaidoiries, pour la famille Deteix. L’avocat de la partie civile a d’abord dénoncé le «cynisme» des défenseurs d’Aymerick Vakié, qui ont tout tenté pour délocaliser ou retarder le procès en appel. Moment difficile, pour les jurés et l’assistance, quand il a mimé la fameuse nuit, à Nouville. En parlant fort et en tapant du pied sur le sol, comme le jeune homme aurait écrasé la tête et le cou de Jean-Pierre Deteix. Puis il a montré un portrait de l’homme, souriant.
 

Pas terminé

En ajoutant un médecin légiste qui affiche les photos du cadavre, et des experts psychiatriques qui parlent d’une violence incontrôlable, les jurés en sont restés aux réquisitions de l’avocat général, vingt années de prison. La famille de Jean-Pierre Deteix s'est dite soulagée. Mais l’affaire n’est pas terminée et pourrait revenir d’ici trois ans.