Deux ans de prison pour s'en être pris au président du tribunal

justice nouméa
Tribunal, devant la salle d'audience, affaire du magistrat agressé, 17 juillet 2020
Devant la salle d'audience, ce 17 juillet. ©Natacha Lassauce-Cognard / NC la 1ere
Le président du tribunal correctionnel agressé en pleine audience, ce n'était jamais arrivé, en Nouvelle-Calédonie. Pour avoir blessé le magistrat en lui jetant un téléphone portable à la tête, avant-hier, un homme de vingt ans a été condamné à dix mois de prison ferme et quatorze mois de sursis.
Vendredi matin, les rôles se sont inversés, au palais de justice. Le président du tribunal correctionnel est passé du côté des victimes. Et l'homme qui, avant-hier, assistait à une audience, a été entendu pour violence envers un magistrat dans l’exercice de ses fonctions. Une agression inédite, en Nouvelle-Calédonie. Jugé en comparution immédiate, il a été condamné à dix mois de prison ferme, avec quatorze mois assortis de sursis probatoire, et suivi psychologique.
 

Au procès de son frère

Le mercredi 15 juillet, ce jeune homme de vingt ans est assis au deuxième rang, durant le procès de son frère pour violences conjugales. Quand le délibéré est annoncé, il se lève, attrape le téléphone portable de sa petite sœur et le lance sur le président. Le magistrat est touché à la tête. Une plaie de trois centimètres qui lui vaudra plusieurs points de suture. L'audience doit être interrompue.
 

Colère

L'agresseur explique avoir agi par colère, quand son frère a été condamné à de la prison ferme. Il dit avoir voulu «faire mal», estimant la peine trop sévère. Le magistrat et l’Union syndicale des magistrats se sont portés partie civile, après cet acte.
 

«Sacraliser le lieu de justice, une condition du vivre-ensemble»

Ils soulignent l’importance du tribunal et de l’institution judiciaire, qui doivent être respectés, car ils permettent la régulation sociale. Au-delà de l’individu touché, c’est une violence de plus à l’encontre des représentants des services publics et de l’autorité.
 

Trois ans requis

Le ministère public a insisté sur l’impartialité et l’objectivité nécessaires pour juger cette affaire. Il a requis trois ans de prison, dont un an assorti de sursis probatoire avec un suivi médical et psychologique, une indemnisation des parties civiles avec mandat de dépôt.
 

Des excuses

La défense a pour sa part demandé de prendre en compte le contexte de cette affaire du 15 juillet, le frère condamné représentant une image paternelle pour le prévenu. Prévenu dont la vie a été marquée par la misère sociale, et des violences familiales. Le jeune homme s'est excusé pour son geste.
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