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Les malfaçons de l’Aquarium des lagons devant le tribunal administratif

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L'APS en visite à l'Aquarium des Lagons ©Natacha Cognard
Le tribunal administratif s’est penché ce jeudi sur l’affaire des malfaçons à l’Aquarium des lagons. Trois sociétés de construction sont mises en cause par la mairie de Nouméa. Elles pourraient être condamnées à près de 150 millions de francs de préjudice. Réponse le 12 décembre. 
Défaut de qualité du béton, fissurations des bassins, inadéquations du plancher d’étanchéité : au total, vingt-deux « désordres » ont été répertoriés, dans l’affaire de l’Aquarium des lagons.
La commune de Nouméa, propriétaire de l’aquarium, demande la condamnation de la société de construction SARL Arbé, la SARL Chambre et Vibert  Architectes et la société SAS Usine Coutant. 
Lors de la séance au tribunal, le rapporteur public a estimé un montant d’environ 150 millions de francs pour l’indemnisation des différents chefs de préjudice subis tels que la réhabilitation des bassins, une compensation financière pour une perte d’exploitation. 
Plus en détail, les sociétés Arbé, Chambre et Vibert, et Usine Coutant sont appelées à verser à la commune de Nouméa des sommes respectives de 113 596 925 de francs CFP, 28 836 749 de francs CFP, et 913 824 de francs CFP, soit une somme globale de 143 347 498 de francs CFP. 
Le délibéré est attendu pour le 12 décembre prochain. 
 

Une affaire vieille de dix ans

C’est une affaire qui remonte à 2008, seulement quelques mois après la livraison des travaux sur les nouveaux bâtiments de l’aquarium. Un rapport d’expertise, en exécution d’une ordonnance du juge des référés du 2 juillet 2013, avait révélé en juin 2016, des malfaçons sur certains bassins. 
La société Arbé serait responsable à 80% ; le reste concerne spécifiquement la société Usine Coutant. La responsabilité de la société Chambre et Vibert, concepteur et maître d’œuvre peut également être retenue pour l’ensemble des désordres invoqués estime le rapporteur public. 
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©NC1ere
 

Défaut de qualité du béton

Selon ce rapport, « plusieurs des dommages identifiés sont liés aux mauvaises caractéristiques mécaniques des bétons utilisés favorisant l’apparition de pathologies, et notamment de chlorures par le contact avec l’eau de mer. L’expert relève le défaut de qualité et de mise en oeuvre des bétons ».
L’expertise réalisée sur le bac n° 23, qui vaut aussi pour les autres bacs, relève clairement qu’« au mois de mars 2004, le fait d'avoir remplacé le béton B35 par un béton B25, de moindre qualité, est une décision incompréhensible » et que les bétons utilisés ne présentaient pas les caractéristiques exigées par la norme NF P 18-305 qui régissait la qualité des bétons mis en oeuvre au moment des travaux.
 

Problèmes de ventilation estiment les entreprises

De leurs côtés, les sociétés Arbé et Chambre et Vibert font valoir que plusieurs désordres sont liés à la mauvaise ventilation des locaux, lequel aurait entraîné une panne généralisée et la saturation de l’air par l’humidité. Cependant, aucun élément du dossier ne permet d’établir la réalité de cette assertion.

Si les malfaçons constatées ne sont pas considérées comme « danger immédiat », lorsque le jugement sera rendu, des travaux devront normalement commencer pour remettre les bassins en état, incluant le démontage et le remontage des bacs et le transfert des animaux et ainsi assurer la sécurité de tous. 

Les explications de Lizzie Carboni et José Solia :
©nouvellecaledonie
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