Des célébrations de Pâques très cathodiques

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Coronavirus et confinement, messe de Pâques à huis clos à la cathédrale de Nouméa
Une messe de Pâques devant des travées vides ? Une situation inédite, à la cathédrale de Nouméa. ©Gaël Detcheverry / NC la 1ere
Pas de fidèles dans les lieux de culte, ils devaient prier chez eux. Mais à leur place, des smartphones et des caméras. Cette année, les Chrétiens de Nouvelle-Calédonie ont vécu un dimanche pascal pour le moins inhabituel.
Pâques n'aura jamais été autant célébrée en ligne. Par la force du Covid-19 et du confinement qui interdit les rassemblements, les instances religieuses se sont retournées vers les réseaux sociaux. Elles se sont efforcées d'ainsi diffuser les prières, veillées, cultes, messes et autres vêpres. Y compris sur le Caillou.
 

A huis clos mais en réseau

Grâce à Internet, la télé ou la radio, des milliers de Chrétiens calédoniens ont communié et célébré à distance ce que Pâques représente à leurs yeux: la résurrection du Christ. Certains offices ont eu lieu, ce matin, mais devant des salles et des travées désertes. Par exemple au temple protestant de Montravel, où le culte a été dirigé par le pasteur Var Kaemo, et diffusé en direct sur les antennes de NC la 1ere.  

Messages à travers les ondes

Même chose à la cathédrale Saint-Joseph de Nouméa, où la messe pascale a été aussi catholique que cathodique. D'habitude, plus de mille fidèles se pressent à cette occasion. Mais ce dimanche, la «maison de Dieu» était quasiment vide. Une situation inédite qui n’a en rien entamé la ferveur du diacre, ni son humour. «Il faudra sans doute que sur mon visage, par exemple, dans mes paroles, je laisse transparaître encore plus de joie», expliquait Gérard Micheneau peu avant. «Pour que cette joie communicative puisse traverser les ondes.»
 

Exprimer la solidarité

Une messe 2.0, en somme, inédite dans sa forme mais pas dans son message : la vie plus forte que la mort. «La situation fait qu'on comprend peut-être mieux le message de Pâques, la solidarité qui doit être vécue», remarque l'archevêque de Nouméa, Michel-Marie Calvet. «Je pense également à ce qui s'est passé au Vanuatu, avec le passage du cyclone Harold, et dans les îles Salomon, à Fidji, à Tonga. Tout ça, ce sont des moyens d'exprimer la solidarité qui est nécessaire et qui dit la réalité de ce que nous célébrons.»
 

Irréductibles

Les paroles, les gestes et les chants de Pâques par écran interposé ont réchauffé le cœur de nombreux Chrétiens confinés chez eux. Mais aussi de quelques irréductibles. Une poignée de fidèles ont bravé les interdits pour assister à la messe pascale depuis le perron de la cathédrale.

Le reportage de Caroline Antic-Martin et Gaël Detcheverry  :
©nouvellecaledonie