Parler du suicide des jeunes, une tâche difficile mais essentielle

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Un café autour de la prévention du suicide a eu lieu à Rivière-Salée.
Un café autour de la prévention du suicide a eu lieu à Rivière-Salée. ©Charlotte Mannevy / NC la 1ère
Le suicide n’épargne pas les plus jeunes. À en croire le dernier baromètre santé jeunes, 15,7% des 10-18 ans ont sérieusement envisagé de se suicider dans les douze mois qui ont précédé l’enquête. Les tentatives de suicide ont aussi augmenté selon cette même étude, qui date de 2019. Des passages à l’acte terribles dont on parle peu, alors qu’il faudrait que la parole se libère. Le sujet a été abordé lors du café sur la prévention du suicide organisé samedi à Rivière-Salée.

Antoine a aujourd’hui dix ans. Il y a trois ans, l’enfant était confronté au suicide d’un petit camarade et comme souvent dans ce cas, la jeune victime était la cible d’harcèlement à l’école. "Il y avait tout le temps quelqu’un qui arrivait et qui harcelait les gens, raconte Antoine. Un jour, il y a un enfant qui s’est suicidé à cause de ça. En plus, son père était décédé. Moi j’avais sept ans et je me demande encore comment il a pu faire ça."

Tout comme les adultes, les enfants qui ont vécu un suicide dans leur entourage se posent de nombreuses questions. Sans toujours trouver de réponses. Car les parents hésitent souvent à évoquer le sujet. La plupart du temps parce qu’ils ont peur de leur donner des idées, explique Dominique Solia, de SOS Ecoute. Une idée reçue, dit-elle. Au contraire, il faut absolument en parler. Une problématique délicate évoquée, samedi à la Maison de la famille de Rivière-Salée, lors d'un café sur la prévention du suicide. 

 "L’enfant va se demander 'quel rôle j’ai joué là-dedans ?' "

"Quand il y a une situation de suicide autour de lui, l’enfant retrace les choses, poursuit Dominique Solia. Si c’est son copain, il se dit 'qu’est-ce que moi j’ai fait ?' Parce qu’on se sent tout de suite coupable. On a des cas comme ça à SOS Ecoute. Des enfants qui disent : 'moi, la veille, il m’a demandé un cours, je ne lui ai pas donné. C’est moi qui l’ai tué. Je ne lui ai pas dit bonjour il y a deux jours, je suis sûr que c’est pour ça qu’il est mort'. L’enfant va se demander : 'quel rôle j’ai joué là-dedans ?'" Parler du suicide permet alors "de mettre des mots et de pouvoir comprendre ce que son enfant ressent".

De plus en plus de cyber-harcèlement

SOS Ecoute reçoit de nombreux appels de jeunes en détresse. Dominique Solia fait un constat : lorsqu’ils sont mal utilisés, les réseaux sociaux font des ravages. "Il y a vraiment du cyber-harcèlement. De plus en plus. Être victime de cyber-harcèlement, c’est terrible parce que souvent, ce sont des jeunes qui s’enferment dans une souffrance terrible et c’est là que commencent à naître des idées suicidaires. Il faut être extrêmement vigilant", prévient-elle. 

SOS Ecoute assure une permanence téléphonique gratuite 7 jours sur 7 au 05 30 30. La crise suicidaire est une urgence, il ne faut donc pas hésiter à contacter le 15 en cas d’inquiétude pour un membre de son entourage.