Pêche : des assises pour structurer la filière

Deux jours pour structurer la filière
A La Foa, les Assises de la pêche de Nouvelle-Calédonie ont débuté mardi 16 novembre. Pendant deux jours, professionnels et institutions travaillent à la structuration de la filière. Celle-ci se heurte en effet à des difficultés d’ordre réglementaire ou liées à la commercialisation des produits.

Quinze ans après les dernières Assises de la pêche, la grand-messe des acteurs du monde de la mer est de retour. Au cœur de ces discussions, qui réunissent professionnels, élus et partenaires, le développement de la filière. Et notamment au niveau des circuits de distribution. Un pêcheur défend l’idée, par exemple, d’un atelier de transformation qui permettrait d’aider les professionnels locaux à mieux écouler leurs poissons. Et pourquoi pas d’accéder au marché des cantines scolaires. Mickaël Cazères, pêcheur professionnel en province Sud observe « qu’on est capable de manger du colin d’Alaska en cantine scolaire et qu’on est pas capable de manger un morceau de dawa". Or selon lui :  

Le problème qu’on rencontre au quotidien c’est la météo donc faut rendre possible le conditionnement du poisson quand il est là parce que quand il fait mauvais temps, tout le monde veut du poisson mais personne n’en a.

Mickaël Cazères, pêcheur dans le sud

Alors la solution pour lui, c'est "d'être en capacité de le prendre, le traiter, le conditionner et le conserver dans de bonnes conditions. C’est ce qui manque à la Calédonie. »

Réglementation inadaptée

Autre thématique abordée, celle de la réglementation relative à la sécurité des navires. Une réglementation métropolitaine selon certains, trop contraignante, et qui mériterait d’être adaptée aux spécificités calédoniennes. Max Kastavi, de la Confédération des pêcheurs du nord estime que "la plupart des bateaux utilisés dans la pêche pro sont, à la base, des bateaux de plaisance qu'on tente de faire passer en bateau de pêche pro".

Or les normes en plaisance n'étant pas les mêmes qu'en pêche pro, il faut faire un transfert. Et ces transferts sont assez compliqués, à cause de la réglementation.

Max Kastavi

Également technicien en sécurité navires et pêche professionnelle, Max Kastavi finit en ajoutant que "dans d’autres pays, les bateaux de pèche pro sont dédiés exclusivement à la pêche pro. Alors qu’ici en Calédonie on transforme des bateaux de plaisance en bateau de pêche pro. Il y a donc un problème règlementaire ».

Plan décennal 

Autant de problèmes débattus à un moment où les pêcheurs disposent désormais d’un statut, et sont intégrés à la Chambre d’agriculture et de la pêche de Nouvelle-Calédonie, également organisatrice de l’évènement. Luën Iopue, conseiller, pense que "donner un cap à la pêche passera aussi par ces assises puisqu’on aura par la suite à discuter avec les collectivités". Et il est tout à fait normal, selon lui "de les accompagner car (...) la compétence en matière de pêche reste une compétence provinciale et pour la pêche hauturière c’est une compétence du gouvernement". Ce qui pose la nécessité dit-il, "de trouver où l’on peut être utile pour aider la filière de manière optimale ». Une aide qui, à l’issue de ces assises, prendra la forme d’un schéma directeur de la pêche pour la profession sur les dix prochaines années. Un schéma validé à la fois par les collectivités et les professionnels.

Le reportage de Loreleï Aubry et Cédrick Michaut : 

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