C’est la tête de proue d’un des courants les plus controversés du rap actuel : Lenimirc fait dans le gangsta rap. Des textes parfois violents ou grossiers, qui jettent sur les réalités urbaines un filtre sombre. Difficile de dissocier le jeu de la quête de sincérité. Son propos est-il représentatif de certaines réalités glauques du Grand Nouméa, ou bien est-ce une constante recherche de provocation ?
Un jeune qui cherche à canaliser ses mauvais délires
Le jeune homme a forgé son blase et sa réputation lors d’allers-retours réguliers entre le Camp Est et le monde libre. Au foyer pour mineurs où il est entré à l’âge de 15 ans, il découvre le rap via les références françaises Booba ou Rohff.
Pourtant, le personnage n’est peut-être pas aussi tête brûlée qu’il aime à paraître. Pour varier son registre, il lui arrive de délaisser les accents rauques pour des intonations plus suaves, avec des morceaux à la sauce zouk love.
"C’est le même personnage, mais sous une autre facette. Il y a l’homme brutal, ou gangster comme on dit, là dans la rue, qui tous les jours fait n’importe quoi. Et puis il y a le mec sentimental, parce que quand tu rentres chez toi il y a ta femme, il y a tout le monde. Tu n’es plus le même, tu ne vas pas faire le gangster à ta femme ou à tes gosses. Là tu t’adoucis : tu as un cœur. Il faut extérioriser tout ça. Depuis avec la musique, surtout le zouk, j’arrive mieux à parler des sentiments. Donc ça aide beaucoup : on dirait une sorte de thérapie."
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