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Une solution ponctuelle pour les médicaments périmés

environnement nouméa
Médicaments périmés, collecte du 23 novembre 2019
©Alix Madec / NC la 1ere
La Semaine européenne de réduction des déchets, qui s’achève, a été l’occasion de récolter à Nouméa au moins 3,5 tonnes de détritus dangereux, dont plus de 200 kilos de médicaments périmés. Une collecte ponctuelle, en Nouvelle-Calédonie.
Durant deux week-ends, il a été possible de remettre à la mairie de Nouméa ses pots de peinture, dissolvants, produits ménagers en tous genres… et pour la première fois cette année, des médicaments périmés. C’est donc avec des sacs débordant de cachets et autres comprimés que Colette Renard s’est rendue samedi à la pépinière municipale. Des médicaments qu’elle conserve depuis plusieurs années. «Je ne savais pas où les jeter donc je les gardais dans une grosse boîte à la maison», explique celle qui a sauté sur l’occasion.
 

Société spécialisée

Cette première organisée par la municipalité a été confiée à la Société calédonienne de déchets industriels spéciaux. Elle traite les résidus spécifiques depuis 2002, récupérant les médicaments du Médipôle, de la clinique de Nouville et des centres médicaux du Nord. «Dès que la collecte est faite, on les reconditionne dans des bacs hermétiques et conformes pour le transport de ce type de déchets», décrit Jean-Baptiste Talalua, superviseur de l’opération.
 
Médicaments périmés, collecte du 23 novembre 2019
©Alix Madec / NC la 1ere
 

Expédiés en Nouvelle-Zélande

«Et après, on les envoie en Nouvelle-Zélande pour traitement, poursuit-il. Arrivés en Nouvelle-Zélande, ils les mettent dans une rotoclave, une grosse machine qui les neutralise et qui les broie. Après, c’est mis dans une installation de stockage de déchets de classe 1, qui peut accueillir tous types de déchets y compris les déchets dangereux.» 
 

Plus repris en pharmacie

En Nouvelle-Calédonie, les médicaments périmés ne sont plus récupérés de façon automatique par les pharmacies depuis 2012. Leur reprise et leur élimination est laissée à l'initiative des officines. La solution apportée par la mairie de Nouméa s’avère quant à elle onéreuse. Le traitement et le transport jusqu’en Nouvelle-Zélande coûte 500 francs le kilo, contre dix francs pour un kilo de déchets ménagers enfouis. 
 
Collecte des déchets dangereux à la pépinière de Nouméa, 23 novembre 2019
Collecte des déchets dangereux à la pépinière de Nouméa. ©Alix Madec / NC la 1ere
 

«Une possibilité»

«Peut-être qu’un jour, on aura des solutions locales également pour gérer ces déchets-là», espère Emmanuel Récamier, chef de service à la direction espace public de la mairie. «Ce n’est pas idéal, ça coûte relativement cher mais au moins, ça donne une possibilité pour tous ces déchets-là et on n’a pas d’excuse, ni pour les déverser dans l’égout, ni pour les envoyer dans la mangrove, ce qui est la pire des choses à faire.» 
 

Demande d'une filière pérenne

L'antenne calédonienne de l'UFC-Que choisir a salué cette initiative. Dénonçant au passage l'absence de réelle solution pour les médicaments non utilisés. «Parce que l'impact sur l'environnement des médicaments jetés avec les ordures ménagères ou évacués dans les eaux usées a été largement démontré, nous demandons qu'une filière pérenne de collecte et de traitement soit mis en place», martelait-elle dans un communiqué en début de semaine. L’opération testée à Nouméa pourrait être reconduite ponctuellement. La province Sud dirige aussi des groupes de travaux, afin de répondre à la demande de tri local en matière de déchets dangereux.

Le reportage de Laura Schintu et Carawiane Carawiane : 
©nouvellecaledonie
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