Tchao, l'éco-quartier Sakamoto

politique nouméa
Mosaïque abandon de Sakomoto
©NC la 1ere
Sakamoto, le nom d’un ancien squat de Nouméa qui devait devenir le premier éco-quartier de Nouvelle-Calédonie. L’abandon de ce projet souvent évoqué a été annoncée cette semaine en conseil municipal. 
Il y a sept ans, quand la construction d’un éco-quartier a été annoncée, environ 300 personnes habitaient la vallée de Sakamoto, dans le Haut-Magenta. Une partie d’entre elles confiaient leur souhait de revenir y vivre. Aujourd’hui, plus aucune cabane, tout le monde a été relogé. Et après six ans d’études, la municipalité a décidé d’abandonner ce projet initié durant la mandature précédente.
 

Contrat résilié

Lors du conseil municipal de mardi, Sonia Lagarde a été autorisée à résilier le contrat de concession avec la Secal, qui concernait la zone d’aménagement concertée «écoquartier de Sakamoto». Un programme ambitieux qui devait être une première. Il prévoyait 400 logements, des commerces et des services de proximité, pour un coût d’une dizaine de milliards CFP.
 

Une clause de revoyure

«La mairie de Nouméa a souhaité revoir in fine le projet qui était présenté dans le cadre de la [zone d’aménagement concerté], l’avait trouvé un petit peu trop dense sur certaines parties», détaille Philippe Jusiak, secrétaire général adjoint, en charge du pôle aménagement. «Comme le contrat prévoyait une clause de revoyure qui était cette année, les deux parties se sont réunies et ont estimé qu’[elles] ne souhaitaient pas aller plus loin dans ce projet-là.»
 

Décision contestée

L’annonce a fait des vagues, au conseil municipal. La décision est notamment dénoncée par le groupe Calédonie ensemble, pour qui cet arrêt a des conséquences financières. «Ça coûte 150 millions de pure perte sèche pour la commune, la Ville de Nouméa, qui a dû indemniser, parce que c’est de son fait que l’opération s’arrête», pointe Philippe Dunoyer pour CE. «Il faudra certainement attendre plusieurs années avant qu’un projet ne soit étudié, ne soit lancé. Et c’est donc, pour le secteur du BTP, pour les familles et pour la mairie une mauvaise nouvelle.»
 

Urbaniser autrement

Pour autant, le projet d’urbanisation de cette zone n’est pas abandonné. L’équipe municipale veut un quartier avec moins d’habitants et des logements pour les jeunes ménages. «L’idée, bien sûr, c’est de proposer à des gens qui le souhaiteraient soit du locatif, soit de la propriété, assure Philippe Jusiak. Les gens qui souhaiteraient revenir, et qui ne sont pas légion aujourd’hui, il y aura certainement des formes qui leur permettront de le faire. En tout cas, elles seront étudiées.» 
 

Avant-goût de municipales ? 

Ce dossier d’urbanisme de 27 hectares en plein cœur de la ville divise les élus de la capitale. Une polémique qui promet une campagne électorale animée pour les municipales de 2020.

Le point de Brigitte Whaap et Laura Schintu :
©nouvellecaledonie
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