Vers un moratoire pour préserver l’environnement marin, notamment le parc naturel de la mer de Corail

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Moratoire, mer de Corail - Laurence Pourtaud
Le moratoire, un cadre réglementaire pour les fonds marins et îles éloignées de la Nouvelle-Calédonie ©David Sigal / NC la 1ère
Du répit pour les ressources sous-marines profondes de la Nouvelle-Calédonie. Le gouvernement a examiné mercredi 23 novembre un avant-projet de loi du pays pour instaurer un moratoire. Pendant dix ans l’exploration et l’exploitation des ressources profondes sont bloquées.

La géodiversité, c’est comme ça qu’on appelle la richesse de nos fonds-marins. Concrètement il s'agit de tous les éléments géologiques présents dans les grandes profondeurs de nos eaux. Et les enjeux sont importants.

Contexte

Cette diversité suscite l’intérêt des scientifiques bien sûr. Mais pas seulement : il y a des intérêts économiques avec la possible présence de ressources minérales à fort potentiel. En 2021, l’État a élaboré une stratégie nationale pour ses grands fonds marins. Un programme sur dix ans, et certains points concernent directement la Nouvelle-Calédonie. Notamment des projets d’exploration ou encore la possibilité de mener des expérimentations de nature industrielle dans la zone. Résultat, avec ce moratoire pendant dix ans l’exploration ou l’exploitation des ressources minérales du Caillou englobées dans le parc naturel de la mer de Corail seront interdites, à l’exception de certaines méthodes d’exploration douces, considérées comme non invasives pour l’environnement.

Moratoire, mer de Corail - Laurence Pourtaud
Le parc de la mer de Corail, une zone exclusive de 1,3 millions de km2 ©David Sigal / NC la 1ère

Éclairer les générations futures

Un mécanisme de sanction a d’ailleurs été imaginé. Il fonctionnera comme celui qui préserve les réserves calédoniennes. Une amende administrative de cinq millions de francs maximum pour une personne physique et de vingt millions de francs pour une personne morale. Un montant qui pourrait être doublé en cas de récidive. Le gouvernement explique enfin que ces dix ans vont permettre de faire une synthèse de l’ensemble des études scientifiques déjà menées, mais aussi de prendre en compte « la dimension culturelle kanak de l’océan ». Des informations qui, selon le gouvernement, permettront aux générations futures de prendre des décisions éclairées.

Examiné mercredi, le texte doit encore passer devant les élus du Congrès. Une fois voté il sera appliqué à la mer de Corail. 

Regardez le reportage e Laurence Pourtaud et David Sigal :

©nouvellecaledonie

Du coté des défenseurs de l’environnement, l'association Ensemble pour la Planète (EPLP) dit se réjouir de cette décision, l’interdiction d’explorer et exploiter les fonds étant depuis longtemps l’un de ses chevaux de bataille. Mais le collectif voit plus grand. Il demande d’allonger la durée de ce moratoire à 25 ans.