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Le Foyer d’action éducative de Païta dans la tourmente

justice païta
Capture Tribunal administratif plaque
Le tribunal administratif devait rendre sa décision ce mercredi 14 juin. ©NC la 1ere
Le Foyer d’action éducative de Païta est fermé depuis mi-avril et ses deux cadres ont été suspendus. Le gouvernement reproche de nombreux dysfonctionnements au directeur du centre et au chef de service, qui ont attaqué cette mesure devant le tribunal administratif. Leur recours a été rejeté.
[MISE A JOUR APRES DECISION DU TRIBUNAL]

Il est situé à la sortie nord du village, sur la route de l'abattoir, pas loin de la caserne des pompiers. Ouvert en 2010, le Foyer d’action éducative de Païta accueille en temps normal jusqu’à une douzaine de mineurs, en priorité âgés de seize à 18 ans. Certains de ces jeunes sont placés sous contrôle judiciaire ou se trouvent en sursis avec mise à l’épreuve. Ce qui veut dire un encadrement strict.
Or, le FAEP est fermé depuis la mi-avril, tandis que son directeur et son chef de service ont été suspendus de leurs fonctions. Le président du gouvernement, Philippe Germain, leur reproche de nombreux dysfonctionnements dans le suivi des mineurs placés par décision judiciaire.

Une visite du Parquet

Les deux cadres ont attaqué cette mesure devant le tribunal administratif. «L’événement qui s’est déroulé le 23 mars est la visite inopinée du Parquet, relate Boniface Waheo, le directeur suspendu de ses fonctions. Monsieur le procureur de la République est venu soit-disant faire une visite de courtoisie, qui s’est soldée par une perquisition, et les éléments de fonds n’ont pas été portés à notre connaissance. C’est un peu l’objet de notre démarche: dénoncer la manière dont les choses ont été menées.»

«Laissés en déshérence»

Qu’est ce qui est  réellement reproché aux deux cadres du foyer ? «D’abord un défaut de surveillance des jeunes, qui sont laissés en déshérence, explique Alain Marc, secrétaire général du gouvernement. Cette déshérence les a conduits, y compris alors qu’ils étaient hébergés au centre de Païta, à conduire un certain nombre de cambriolages, d’actes de violence. Un certain nombre aussi, d’introductions d’objets interdits. Un exemple : une bombe lacrymogène.»

«Etat catastrophique du bâtiment»

Le gouvernement note également un non respect des prescriptions fixées par le juge des enfants et un état catastrophique du bâtiment. Des points rappelés  à l’audience par Christiane Tétu-Wolff, directrice du service de la Protection judiciaire de l’enfance et de la jeunesse.
L’exécutif précise par ailleurs que la décision de suspendre le directeur et le chef de service, et de fermer provisoirement le FAE de Païta pour des travaux de réhabilitation, s’intègrent dans une réorganisation de la PJEJ.

«Le FAEP délaissé»

«En novembre 2016, des préconisations ont été décidées, auxquelles doivent se référer les structures d’hébergement des mineurs protégés, réagit Francky Dihace, avocat des deux hommes. Et aujourd’hui, je considère que mes clients font simplement l’objet de reproches parce qu’ils ont failli au respect de ces préconisations-là. L’organisation était donc toute récente. Il aurait fallu que la direction de la PJEJ fasse accompagner et assister l’ensemble des agents qui ont pour mission le bon fonctionnement des structures d’hébergement.» Et l’avocat d’ajouter : «Le FAEP a été délaissé par la direction.»


Les jeunes répartis dans les autres structures

En accord avec les autorités judiciaires, les jeunes du foyer sont actuellement suivis dans d’autres structures de la PJEJ. Quant à la requête du directeur et du chef de service, le tribunal administratif a rendu sa décision ce mercredi 14 juin: il a rejeté leur demande de suspendre en urgence leur exclusion jusqu’au passage en conseil de discipline.
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