A Païta, on joue avec les mots

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Atelier d'écriture
©Sheïma Riahi
Un samedi sur deux, l’association « Ecrire en Océanie » propose un atelier d’écriture au dock socioculturel. Un rendez-vous bimensuel pour permettre aux écrivains en herbe et à tous ceux qui aiment jouer avec les mots d’expérimenter l’art littéraire. 
Ils aiment les mots, les apprivoisent et jouent même avec. Et pourtant, ils ne se prennent pas pour Camus, Colette ou Duras mais partagent le même amour pour les lettres et les histoires à raconter. « C’est un moyen d’exprimer ce qu’on ressent sur le papier », confie Ambre Couchoud, une jeune participante de l’atelier proposé deux fois par mois au dock socio-culturel de Païta. 
Chacun y trouve son intérêt. C’est « principalement un plaisir, une manière d’exprimer l’amour que j’ai pour ce pays », raconte Louna Tcherko, auteure d’une dizaine d’ouvrages, et qui a fait des multiples personnes qu’elles a rencontrés dans sa vie les personnages de ses histoires. 
Pour Nicole Chardon-Isch, qui animait l'atelier de ce samedi matin, l’écriture est multiple. « Elle est thérapeutique. Elle peut servir à faire de la polémique, à défendre des idées de grand intérêt, à jubiler aussi, à se redécouvrir, à développer son intériorité ». Quant à l’atelier, « il permet de rompre l’isolement et de rapprocher les communautés »
 

Des rencontres inter-générationnelles

L’écriture jette aussi des passerelles entre les générations. À l’image d’Ambre, lycéenne de 15 ans, et Suzanne, retraitée de 90 ans, guidées par l’écrivaine et enseignante en lettres classiques, Nicole Chardon-Isch.
« J’écris simplement par plaisir, souligne Suzanne Oizan-Chapon. J’adore écrire avec les feutres très souples. C’est le plaisir d’aligner les phrases. »
Des petites et des grandes histoires… Louna Tcherko en raconte depuis plus de 20 ans. Pour elle, les mots ont eu un effet libérateur. 
« J’écrivais depuis longtemps mais c’était ultra-personnel. C’était juste pour moi. L’écriture, ça m’a donné confiance. J’avais besoin d’un soutien à ce moment-là. C'est l’éditrice de Grain de Sable, Laurence Viallard, qui m’a encouragée fortement et je me suis sentie soutenue, moi qui étais un peu introvertie. »
Or, c’est par l’écriture qu’on pénètre le mieux les gens, disait Maupassant. Ces ateliers bimensuels permettent peut-être de découvrir l’écriture ou simplement de retrouver le goût d’écrire... Mais ça, c’est une autre histoire.

Nicole Chardon-Isch est l'invitée du JT de ce samedi soir, à 19 h 30. 

Le reportage de Sheïma Riahi et Philippe Kluntzmann
©nouvellecaledonie