Prison ferme pour les agresseurs de Franck-Gérald Bonnard et son fils

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Franck-gérald bonnard et son fils
Franck-Gérald Bonnard (à gauche) et son fils ont été victimes d'une agression sur leur propriété, à Sarraméa, jeudi 13 février 2020 ©Christian Favennec
Au tribunal correctionnel de Nouméa, trois jeunes prévenus comparaissaient ce mardi matin pour violences volontaires sur un éleveur et son fils. Les faits se sont produits jeudi dernier, à Sarraméa, où l’agriculteur a déjà subi de nombreux préjudices, sur son bétail notamment.
Des insultes, des jets de projectiles et des coups de barre en fer pour lesquels deux des trois prévenus ont été condamnés à un an de prison ferme.

C’est un éleveur à bout qui s’est présenté à la barre ce mardi 18 février 2020, avec à ses côtés, le collectif des éleveurs, venu le soutenir.

Depuis une quinzaine d’années, Franck-Gérald Bonnard est victime de braconnage. Mais la semaine dernière, c’est à son fils et lui, que trois jeunes de la tribu de Sarraméa s’en sont pris, alors qu’ils partaient travailler.

"Le tribunal a pris la juste mesure de la gravité des faits, deux prévenus sur trois ont obtenu des peines d'emprisonnement ferme avec mandats de dépôt, ce qui veut dire qu'ils vont au Camp Est tout de suite. C’était important pour les victimes de se sentir soutenues" a déclaré Maître Philippe Gillardin, l'avocat de la partie civile. 

"C’est une famille que je connais bien, qui fait l’objet de faits de braconnage donc c’est un ras le bol dans l'exercice de la vie professionnelle et dans la vie quotidienne puisqu'ils vivent sur la propriété donc c’est insupportable »
 

Trouver des solutions pour plus tard


Si l’avocate de la défense n’a pas souhaité commenter la décision du tribunal, pour elle, "cette affaire n’a rien à voir avec des revendications foncières". Elle est liée à un récent contentieux entre l’éleveur et la famille des prévenus.

Pour les coutumiers, une chose est certaine : il faut à tout prix éviter un drame sur cette petite commune de 600 habitants.

« Ce qui s’est passé n’aurait jamais du se passer. Mais on appelle à la responsabilité de chacun, des deux parties, des autorités coutumières, qu’ensemble on puisse se mettre autour de la table pour trouver des solutions pérennes dans le temps pour qu’on continue à bien vivre dans notre petite commune » confie Cyprien Kawa, le porte-parole de grande chefferie de Sarraméa.

Depuis quinze ans, les solutions tardent à émerger. 

Le reportage de Coralie Cochin et Christian Favennec.
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