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Les survivants d’Halloween, Glencore et l’usine du Nord

Les grands groupes miniers vont moins mal. Certains ont même commencé à réduire leur dette. Pour autant, les perspectives de l’industrie métallurgique du nickel sont incertaines. Rumeurs et chuchotements ont animé le grand dîner annuel du London Metal Exchange. On y a parlé de l'usine du Nord.

Traders de la bourse des métaux de Londres (LME) pendant la séance de cotation du Nickel © Alain Jeannin
© Alain Jeannin Traders de la bourse des métaux de Londres (LME) pendant la séance de cotation du Nickel
  • Par Alain Jeannin
  • Publié le , mis à jour le
Ni masque ni citrouille, pas de déguisements d’Halloween pour les représentants des grandes multinationales minières et leurs clients – qui assistaient, mardi 1er novembre, au traditionnel dîner annuel du London Metal Exchange. Une institution vieille de 135 ans, qui réunit tout le marché financier spécialisé dans le négoce des métaux non-ferreux.

Le grand dîner des "VIP" du Nickel 

Sous la voûte du Grosvenor House Hôtel de Londres, les visages des analystes et autres journalistes de la presse anglo-saxonne laissaient entrevoir eux aussi un certain apaisement. Après la crise et l’effondrement de l’annus horribilis 2015, quand les cours du nickel avaient dévissé de 40 %, les profits et la capitalisation boursière des géants Glencore, Vale, Nornickel se sont finalement améliorés en 2016. À la grande soirée annuelle du monde des matières premières et du négoce, les participants avaient le sentiment d’avoir survécu au pire. Des survivants venus s'informer, commenter, et parler de l’avenir.
Usine du Nord production de ferronickel par Koniambo Nickel (KNS) coentreprise ( SMSP-GLENCORE ) © Alain Jeannin
© Alain Jeannin Usine du Nord production de ferronickel par Koniambo Nickel (KNS) coentreprise ( SMSP-GLENCORE )
Pour les 1900 convives du gratin de l’industrie mondiale des matières premières, ce dîner londonien fut l’occasion de faire le bilan d’une crise sans égale. Un séisme qui est aussi la conséquence du développement tous azimut de gisements miniers et de complexes industriels – près de 150 milliards investis pour l’ensemble des métaux industriels, de l’aluminium au zinc en passant par le cuivre et le nickel.

Une bataille épuisante et ruineuse

Surinvestissement, surproduction et bataille féroce pour des parts de marché ont engendré l’effondrement des prix et des stocks qu’il faut désormais écouler. Heureusement, la demande chinoise est de nouveau au rendez-vous, mais, plus que jamais, les industriels de « l’atelier du monde » font la pluie ou le beau temps pour le cuivre ou le nickel. Selon une journaliste du Metal Bulletin de Londres, présente au dîner londonien, les descendants des maîtres de forges sont aujourd’hui des financiers sans états d’âme. Et ils n’y sont pas allés par quatre-chemins : « les grandes compagnies minières et les principaux négociants en métaux sont plutôt satisfaits. Ils ont commencé à réduire leur dette, car ils n’ont pas hésité à fermer des mines et à licencier des milliers de travailleurs pour réduite le coût de leurs opérations »

Le nickel va mieux

Les visages sont moins défaits qu’au précédent dîner annuel du LME. La croissance mondiale et la demande sur le marché des métaux soutiennent le moral de cette industrie qui reste l’un des symboles du capitalisme pur et dur. À Londres, sous les lustres du grand hôtel, rumeurs et spéculations circulaient parmi les grands crus et les mets délicats qui n’avaient rien de Britannique. La descente aux enfers des métaux semble terminée même si les stocks disponibles sont loin d’être purgés. Une dernière rumeur, et non des moindres, concernait Glencore.

Glencore devrait continuer le Koniambo

En fin de soirée, quand les hommes en smoking et les quelques femmes en robes longues commençaient à quitter la soirée, une confidence était partagée. Selon une source bien informée et sous couvert d’anonymat, plusieurs participants au dîner du LME, auraient laissé entendre que la multinationale anglo-suisse resterait en Nouvelle-Calédonie : « Dans ce monde de la finance et du négoce, chaque rumeur est importante. Et puis, mes contacts disent tous la même chose, ils vont continuer en Nouvelle-Calédonie, car ils ont les moyens de tenir ». Et notre interlocutrice de bien nous préciser que cette rumeur court à la City et surtout ce soir d’Halloween, la nuit des masques…

 

Le dernier rapport financier de Glencore est consultable ci-dessous
Les résultats du troisième trimestre Q3 de la société Glencore sont publiés en anglais ce jeudi 3 novembre. Un léger mieux pour Koniambo Nickel 


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