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Va-t-on devoir payer deux fois le grand tuyau?

L’association de défense des usagers (services publics et privés) attaque à nouveau le rachat du "grand tuyau" par les 4 communes du Grand Nouméa devant le tribunal administratif "pour éviter aux contribuables de le payer deux fois". Une opération qui devait être conclue avant le 1er janvier. 

Le Grand Tuyau © NC 1ère
© NC 1ère Le Grand Tuyau
  • Catherine Léhé (avec GLB)
  • Publié le , mis à jour le
Eviter aux contribuables de payer deux fois le Grand Tuyau. C’est l’un des objectifs visé par l’association de défense des usagers des services publics et privés en contestant le rachat de l’ouvrage par les quatre communes du grand Nouméa. D’abord l’association conteste le montant du rachat; 4 milliards de francs officiellement. Mais, selon l’association, il s’élèverait à un peu plus de sept milliards CFP en prenant en compte les créances restantes.
 
Sept milliards c’est justement la somme que la SADET, la société anonyme des eaux de la Tontouta, société exploitatrice du grand tuyau, aurait déjà payé à sa maison mère, la Lyonnaise des Eaux... au moment où la Lyonnaise aurait dû régler en 2006 son emprunt à la Caisse d’Epargne. Mais là aussi, les sommes ne collent pas. Selon l’association, la Lyonnaise aurait inclu l’aide à la défiscalisation de 2.2 milliards de francs perçu de l’Etat dans la somme exigée à la Sadet.
 
Autre fait troublant, selon l’association, les usagers du Grand Nouméa auraient déjà payé plusieurs milliards de francs via leur facture d’eau. Que l’eau provienne ou non du grand tuyau. Le dernier rapport de la chambre territoriale des comptes sur la Sadet de 2013 affirmait que l’aqueduc n’était utilisé qu’à 10 % de ses capacités réelles après quinze ans de service. Pour l’association, le rachat du grand tuyau est donc inutile. Celle-ci serait démontrée dans un rapport commandé par le Syndicat intercommunal. L’association a saisi la commission d’accès aux documents administratifs pour que celui-ci soit rendu public.
Contacté, le SIGN n’a pas souhaité répondre et préfère attendre la décision du tribunal administratif d’ici huit à neuf mois. Sans préciser si le rachat a été reporté, son directeur Eric Franceschini affirme qu’il est toujours d’actualité.

Depuis le début des années 2000, ce grand tuyau traîne derrière lui une réputation sulfureuse... Il se dit même qu'il fut à l'origine d'une des premières grandes ruptures politiques au sein du camp "loyaliste"... Reste à savoir si le tribunal administratif donnera raison à une association qui continue de penser que, dans cette histoire, on nage, décidément, en eaux troubles...

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