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Pyeongchang : la langue française aux JO ?

Au pays du Matin calme, hôte des 23e JO d'hiver, des efforts ont été faits quant à l’emploi du français dans la signalétique. De l’aéroport aux principaux hôtels, gares, et villages olympiques, la langue française est présente. Un effort remarquable perlé de quelques lacunes.

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  • Par Nadine Goapana
  • Publié le , mis à jour le
« Profiter largement à l’humanité », telle est la devise nationale de la Corée du Sud. Un état d’esprit ouvert sur le monde qui s’est illustré au cours de ses Jeux olympiques d’hiver de Pyeongchang. En qualité de pays hôte, la Corée du Sud a tenté de suivre au mieux les recommandations de l’organisation internationale de la francophonie (OIF), partenaire du comité internationale olympique (CIO).

Le Grand Témoin de la Francophonie
C’est en la personne de Fleur Pellerin, ancienne ministre de la culture et de la communication que ce travail a été suivi. Fleur Pellerin, d’origine coréenne a été mandatée par l’OIF  en janvier 2017 pour défendre la place du français à PyeongChang, Gangneung et Jeongseon, trois villes coréennes qui accueillent des sites de compétition.
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Un contexte politique délicat
Mais en ce début d’année, le "pays du Matin calme" s’est révélé plutôt agité. Menace nucléaire de Pyongyang, destitution, en mars, de la présidente Sud-Coréenne Park Geun-hye pour corruption. En mai, retour aux urnes pour des millions de citoyens. Election de Moon Jae-In."Lorsque j'ai été nommée, raconte Fleur Pellerin, c'était au moment des élections. Il n'y avait pas encore de gouvernement. Les ministres n'avaient pas été encore désignés. C'était très évident au début d'entrer en contact avec les autorités coréennes."


Les lacunes
  • Le pôle olympique de Gangneung
Cette ville côtière comprend notamment trois installations des JO : le centre de hockey, l'ovale (patinage de vitesse) et le palais des glaces (patinage artistique).
Ces trois dômes sont réunis sur un site. Gigantesque. On y trouve également les installations des partenaires privés officiels des JO. 
Sur ce site, les panneaux d'indications sont donc importants pour se situer. Et sur la signalétique, le français y est absent.
  • Au centre principal de presse 
Les journalistes de presse écrite n'ont aucune information délivrée en français. La langue de shakespeare domine. La signalétique est en anglais, coréen et japonais. Le service intranet propose une page dans la langue de Molière. Voici ce qu'elle indique "cette information n'est pas traduite en français. Merci de vous référer à la version anglaise du guide d'information 2018."
Le service intranet au centre principal de presse : "Cette information n'est pas traduite en français. Merci de vous référer à la version anglaise du guide d'information 2018." © NG
© NG Le service intranet au centre principal de presse : "Cette information n'est pas traduite en français. Merci de vous référer à la version anglaise du guide d'information 2018."


Quel enjeu pour la Corée du Sud ?

La Corée du Sud est l'une de rares démocraties asiatiques. Et la tenue de cette trêve olympique avec son frère nord-coréen est une gageure remportée haut la main pour le président Moon Jae-In. Celui là même qui aspire à la signature d'un traité de paix avec son voisin, partage les valeurs de l'OIF. En 2016, la Corée du Sud a rejoint l'organisation  francophone en tant qu'observateur. C'est la première nation d'Asie du Nord-Est à le faire. Ces JO d'hiver à Pyeongchang sont donc l'occasion de mesurer son engagement au sein de l'OIF en réalisant notamment un état des lieux de la langue française durant ces jeux.


L’ouverture sur le monde passe par le multilinguisme

"Les JO sont de grands rendez-vous", explique Michaëlle JEAN secrétaire générale de l'OIF, "un événement né en France". Et dans sa charte, la langue française au même titre que l’anglais, est une langue officielle (article 24 de la Charte olympique).

"Chaque pays organisateur des jeux doit pouvoir réaliser qu’adopter la langue française comme langue de communication et de service, c’est ouvrir une fenêtre encore plus grande encore sur le monde. C’est donc une plus value".


L'ancienne gouverneure générale du Canada (2005-2010), élue à la tête de l’OIF en novembre 2014 poursuit avec conviction "nous voulons que chaque pays qui relève ce défi (installer une signalétique en français) puisse s’enorgueillir de l’avoir fait et de l’avoir si bien fait" . L'oeil vif et pétillant, Michaëlle JEAN ajoute en souriant que "les autorités coréennes savent qu’au prochain sommet lorsque l’on parlera des jeux, nous aurons envie, aussi, de lui décerner une belle médaille."

Francophonie des solutions

"C'est un espace de solution dans lequel nous mettons en partage toutes les solutions que nous savons construire face à des problèmes criants, des situations que nous voulons vaincre ensemble. 
La langue française en francophonie est un levier, un trait d’union pour agir et pour faire : penser, entreprendre, innover, inventer et construire la paix."

Quelques chiffres clés

 

  • 274 millions locuteurs de français, dont :
  • 212 millions des 5 continents la pratiquent quotidiennement
  • 125 millions d’apprenants
  • la 2e langue des organisations internationales,
  • la 3e des affaires,
  • la 4e sur Internet,
  • la 5e langue la plus parlée au monde

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