Quand l’art s’expose à l’hôpital

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De nombreuses oeuvres d'art trônent dans les espaces extérieurs du Médipôle. ©Cédric Michaut / NC la 1ère
Dans le cadre des Nuits des musées, des visiteurs ont exploré, lundi soir à la lueur de la pleine lune, les jardins et les patios du Médipôle à la rencontre des oeuvres sculptées qui y sont exposées.

Cette balade au clair de lune à la découverte d'oeuvres d'art contemporain installées dans les jardins et les patios du Médipôle, une quinzaine de personnes y ont participé, lundi soir. Une opération rendue possible grâce au dispositif Empreintes, qui consiste à promouvoir l'art dans les constructions publiques en consacrant un pourcentage (plafonné) du coût de la construction à la création et à l'installation d'oeuvres.

"C'est une collection du gouvernement - qui a financé le Médipôle avec l'Etat - et ce sont donc eux qui s'occupent de la réfection des oeuvres et de leur entretien, précise Gilbert Bladinières, chargé de mission responsable du projet Empreintes. Il y a aujourd'hui une équipe qui se charge de faire vivre l'art à l'hôpital, notamment Liliane Tauru, en décidant des animations, en invitant des artistes à venir au pied du lit des patients, ou en organisant des expositions. C'était l'un des axes forts du projet Empreintes quand il a été crée entre 2013 et 2017."

"L'envers du décor"

Parmi les oeuvres sculptées, celles de Mélém Tiaou et de Jean-Marie Ganeval, des bronzes de François Uzan ou encore des sculptures en métal de Loïc Castaluccio. Pour les visiteurs, à la découverte des pièces, sublimées par les éclairages, s’ajoute la joie de vivre un moment particulier. "C'est impressionnant de nuit. Il y a de très belles sculptures, que l'on ne voit pas forcément quand on arrive au Médipôle, car on est trop concentrés sur la conduite et les panneaux. Mais c'est magnifique, il faut vraiment prendre le temps de marcher pour les admirer", conseille Mireille. 

Pour Praveen, qui est habitué à venir à l'hôpital une fois par semaine dans le cadre de son travail, c'est l'occasion de découvrir un autre aspect du lieu : "Quand on a de la chance d'avoir des sorties de ce type, où la culture est accessible à tous, il faut en profiter. Je suis content d'avoir pu découvrir l'envers du décor."

"Une nécessité"

Pour d'autres, l'art possède un certain pouvoir. Il agit comme une stimulation, un apaisement de l'anxiété, face à l'épreuve de la maladie. "Cela permet de s'évader. D'oublier, peut-être un peu, qu'on est dans un milieu qui génère ou favorise des situations de stress, explique la documentaliste Nicole Grochain. L'art dans le domaine hospitalier, c'est une nécessité."

Un avis partagé par Gilbert Bladinières : "l'hôpital c'est un lieu complexe. Joyeux, lors des naissances ou des guérisons et plus difficile lorsqu'il y a des morts ou qu'on est malade et que l'on traverse des épreuves. En tout cas, il s'y passe beaucoup de choses intimes. Et mettre de l'art ici, c'est faciliter la relation au lieu, à cet endroit où, parfois, on n'a pas envie de venir."

En tout cas, tous semblaient avoir été nourris d'une immense énergie à la suite de cette promenade nocturne. Une initiative, qui devrait être renouvelée à chaque pleine lune.

Pour les intéressés, découvrez une partie de cette balade grâce au reportage d'Alexandre Rosada et Cédric Michaut :

©nouvellecaledonie