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Quand la question de Matthew et Hunter refait surface

La vieille polémique sur la possession des îles Matthew et Hunter a été relancée par un communiqué du FLNKS. Les députés et l'un des deux sénateurs de Nouvelle-Calédonie répondent par une fin de non-recevoir. 

© NC la 1ere
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  • Par Françoise Tromeur
  • Publié le , mis à jour le
7 mars 2019. Le FLNKS réaffirme sa position politique à propos de Matthew et Hunter. Deux confettis situés à 300 kilomètres au Sud-Est de la Calédonie. Dans un communiqué, le front indépendantiste considère que les deux rochers inhabités font partie du «patrimoine naturel de la République du Vanuatu». Il s’engage «à apporter sa contribution sur le sujet dans les discussions futures relatives à la fin du processus de l’Accord de Nouméa et particulièrement sur la délimitation des frontières maritimes de Kanaky-Nouvelle-Calédonie».
 
 

Daniel Goa: «Pas de rapports coutumiers»

«Culturellement, la Nouvelle-Calédonie n’a rien à voir avec ces îles», persiste Daniel Goa, président de l’Union calédonienne et porte-parole du FLNKS. «Nous n’avons pas d’intérêt particulier à les garder. C’est plutôt l’Etat français qui veut préserver son domaine maritime, intéressé par les enjeux économiques. Nous, on n’est pas là-dedans.»
Ses propos recueillis par Jeannette Peteisi.
 

La réponse des parlementaires

10 mars 2019. Les trois parlementaires Calédonie Ensemble répondent d’une voix au FLNKS: impossible! Pour Philippe Gomès, Philippe Dunoyer et Gérard Poadja, Matthew et Hunter «font partie intégrante du territoire de la Nouvelle-Calédonie ainsi que du Parc de la mer de Corail». Seul l’Etat peut négocier un éventuel changement de statut.
 
 

Philippe Dunoyer: «agression» et ZEE

«On est définitivement opposés à cette demande, développe le député Dunoyer. D’abord parce qu’il s’agit d’une agression à l’égard du territoire de la Nouvelle-Calédonie, et donc de la République. Les Calédoniens ont rappelé le 4 novembre leur souhait de rester dans la France. Donc il n’est pas question de démanteler ce territoire.» Et d’ajouter que les îlots représentent «un cinquième de notre zone économique exclusive». Soit 1,7 millions de km carrés.
 

En quelques dates

La possession de Matthew et Hunter, c’est un débat qui ne date pas d’hier. Après son indépendance, le Vanuatu revendiquait la possession des deux îles en y plantant un drapeau, aussitôt retiré par la marine française. En 2004, la polémique a été relancée après l’interception d’un palangrier taïwano-fidjien par La Moqueuse: l’armateur affirmait que ces îlots se trouvent bien dans la zone de pêche autorisée par le Vanuatu.
 
 

«Déclaration de Keamu»

Sans oublier qu’en 2009, le FLNKS et le Premier ministre vanuatais de l’époque rédigeaient et signaient la déclaration de Keamu. Le document reconnaissait l’appartenance coutumière de Matthew et Hunter au Vanuatu. Un document aussitôt dénoncé par l’Etat. Celui-ci tient à ces îles, sur lesquelles l’armée manœuvre régulièrement pour marquer la présence française.

Le point de Caroline Antic-Martin et Claude Lindor.
POLEMIQUE MATTHEW ET HUNTER

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