Quelle place pour les voitures électriques en Calédonie ?

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Vers des transports propres ©NC La 1ère
Intégrer la voiture électrique dans le schéma de transition énergétique du pays, c'est l'objectif du gouvernement. Mais pour l'heure, les infrastructures qui entourent ce nouveau moyen de transport sont encore au stade de prévisions.

Dans le parc automobile calédonien, les véhicules électriques ont opéré une timide apparition. En 2021, 62 voitures qualifiées de "propres" ont été vendues, soit à peine 1% du total. Les infrastructures comme le cadre réglementaire demeurent à l'étude mais le gouvernement vise les 18 500 véhicules électriques à l'horizon 2030.

La feuille de route est fixée

"La première chose c'est accompagner sur l'installation de bornes dans différentes communes. On va lancer un appel a projet de 80 millions dès la semaine prochaine pour installer sur l'ensemble de la Nouvelle-Calédonie un maillage territorial, ainsi que des bornes a domicile à intégrer au dispositif de défiscalisation à l'IRPP, mais aussi un accompagnement de prise en charge du véhicule." détaille Christopher Gygès, membre du gouvernement en charge de la transition énergétique. 

Cet accompagnement pourrait prendre la forme d'une participation du gouvernement au remboursement d'un crédit pour l'achat d'un véhicule électrique, à hauteur de 15 000 francs. Le gouvernement national devrait aussi être sollicité pour que le bonus écologique soit éligible sur le Caillou. Les acteurs de l'écomobilité accompagnent la transition comme le cluster Synergie qui regroupe les besoins en information des professionnels sur la réglementation. "Il va falloir qu'on réfléchisse sur tout ce qui est fiscalité. Déploiement des bornes, avoir une communication aussi sur le véhicule électrique, et puis les aménagements pour ce déploiement massif." explique Angélique Renucci, manager du cluster de la transition énergétique.

Une faible autonomie mais de nombreux avantages 

Il va donc falloir tout organiser pour favoriser le choix de l'électrique chez les particuliers avec notamment une garantie de pouvoir recharger la batterie partout ou presque. Car l'autonomie reste le point faible de ces voitures, 400 km maxi en général, et des temps de recharge encore élevés. En parallèle, et avec des prix bien supérieurs à ceux des voitures thermiques, les avantages sont nombreux. 

"Nos arguments en terme de temps de déplacement, en terme d'entretien, (...) c'est l'insonorisation, c'est la souplesse, vous accélérez la voiture avance tout de suite." avance Julien Crépy, directeur commercial Autovolt.

Faible consommation, entretien réduit et aujourd'hui performance... la promesse d'un modèle haut de gamme chinois, quatre roues motrices, au prix de presque huit millions de francs la bête mais disposant d'une accélaration époustouflante, équivalente à un moteur thermique de 500 chevaux. De zéro a 100 km/h en quatre secondes, mieux vaut anticiper les freinages! Dans cette enseigne, on a misé sur les besoins ponctuels des calédoniens avec une offre package. "Quand on vend un véhicule électrique on propose une formule intégrée de mise a disposition d'un véhicule thermique pour sept jours par an sans surcoût supplémentaire de manière à ce que la personne qui a un véhicule pour son usage urbain puisse occasionnellement utiliser un véhicule thermique à des fins de déplacements plus importants." explique Pierre Krafft, fondateur du groupe SLK.

Les entreprises investissent dans les véhicules propres

 Du côté des constructeurs français, l'offre est encore modérée. Une enseigne propose pourtant un modèle à 4 600 000 francs, un autre à un peu plus de cinq millions. Seules les entreprises ont investi dans ces voitures propres, elles sont mieux équipées pour la recharge et la marque attend des modèles utilitaires. C'est une petite révolution chez concessionnaires, la formation des agents et la sécurité figurent au premier rang des exigences du constructeur. 

"Cela a nécessité de former tous les collaborateurs à ce nouveau véhicule et cette nouvelle catégorie d'entretien..." explique Véronique Dinahet, directrice commerciale du groupe Ménard automobiles.

Le véhicule électrique connait son époque pionnière en Nouvelle-Calédonie mais les infrastructures devraient bientôt voir le jour. La transition prendra du temps car les prix assez élevés l'autonomie limitée freinent l'essor du transport a l'énergie électrique. 

Le reportage d'Erik Dufour et Nicolas Fasquel : 

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