Réactions partagées sur la levée de l’obligation vaccinale

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Les opposants à l'obligation vaccinale réunis devant le congrès de la Nouvelle-Calédonie le 24 février.
Les opposants à l'obligation vaccinale réunis devant le congrès de la Nouvelle-Calédonie le 24 février 2022. ©Coralie Cochin/NC la Première
L’obligation vaccinale a été levée jeudi 24 février par le Congrès de la Nouvelle-Calédonie. Une abrogation qui a suscité des réactions diverses et qui, pour ses opposants, ne signifie pas la fin du combat.

Adoptée le 3 septembre à l’unanimité, l’obligation vaccinale a été supprimée dans la division par la commission permanente du Congrès, jeudi 24 février. 

Sonia Backès s'inquiète du prochain variant

"La proposition que l’on a faite de suspension de l’application des sanctions pourrait répondre aux attentes de ceux qui ont souhaité l’abrogation sans prendre le risque de ne pas être en capacité de réaction si nous avions un nouveau variant", note Sonia Backès, des Républicains calédoniens. Ça fait deux ans que l’on a eu cinq variants différents, chacun avec des taux de virulence et de contaminations différents et en fait, là, d’un coup, on "sait" qu’on aura plus besoin de vaccination. Mais qui on est pour dire ça?"

Guy-Olivier Cuénot satisfait

Guy-Olivier Cuénot, membre du groupe Avenir en confiance et représentant en Calédonie du RN, qui avait voté en faveur de l’obligation vaccinale mais qui depuis défendait sa suppression, est, lui, satisfait : "Il n’y a plus de raison maintenant de manipuler sans cesse la peur. La peur ou la sanction : ce n’est pas comme ça que l’on mène une politique de santé publique. Tous les éléments objectifs sont connus de toutes les parties, nous étions amplement renseignés sur ce qui se passe sur le terrain depuis maintenant plusieurs mois. Il n’y avait aucune raison de maintenir cette obligation car ce n’est pas en sanctionnant les gens qu’on leur permet de se soigner. C’est maintenant à chacun de faire le point avec son médecin en fonction de ses risques et aux autorités de santé et au corps médical de faire leur métier."

Il n’y a plus de raison maintenant de manipuler sans cesse la peur.

Guy-Olivier Cuénot

Philippe Michel : "un risque considérable"

Un point de vue que ne partage pas Philippe Michel de Calédonie ensemble: "La décision qui a été prise aujourd’hui par une majorité, c’est une décision irresponsable parce qu’elle méprise complètement le principe de précaution. Elle méprise les 180 000 Calédoniens qui se sont faits vacciner, en donnant raison aux anti-vax. Et puis surtout, elle prend un risque considérable pour l’avenir puisque, non seulement, on ne sait pas quels seront les nouveaux variants ou les nouveaux virus, mais en plus, le pays ne sera plus protégé puisque la condition d’obligation de vaccination pour les voyageurs entrant en Nouvelle-Calédonie va automatiquement tomber avec l’abrogation de l’obligation vaccinale. J’espère que l’on n'aura pas à le regretter. "

C’est une décision irresponsable parce qu’elle méprise complètement le principe de précaution.

Philippe Michel, Calédonie ensemble

"Une petite victoire, pour nous"

Du coté des manifestants présents non loin du Congrès, jeudi, on se disait satisfait, tout en expliquant que le combat n’est pas terminé. "On a toujours gardé la foi", estime Gaëlle Wery, figure du collectif ReinfoCovidNC. "Par contre, le travail est pas fini, il y a encore beaucoup de prises de conscience à faire sur cette maladie, comment on la soigne de façon simple."

Fin de l'obligation vaccinale, Gaëlle Wéry, par Cédrick Wakahugnème

Un autre manifestant ajoute"On sait que demain il y a le pass, les enfants… On ne va pas lâcher. Demain, on sera encore sur le terrain."

Fin de l'obligation vaccinale, paroles de manifestants

Des contraintes en moins pour les entreprises, relève le Medef

Le Medef, lui, prend acte de cette décision politique. Selon l’organisation patronale, cette abrogation de l’obligation vaccinale met fin à la campagne de vaccination commencée il y a un an, pour laquelle les entreprises calédoniennes, en particulier les secteurs considérés en première ligne, ont été mis à contribution. Elle efface ainsi certaines contraintes imposées aux entreprises. 

Mimsy Daly, présidente du Medef-NC, interrogée par Cédrick Wakahugnème