Référendum, courrier à l’ONU et 13 décembre… Ce qu’on peut retenir de l’entretien de Sonia Backès, présidente des Républicains calédoniens

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Sonia Backès, présidente de la province Sud et présidente des Républicains Calédoniens, invitée du journal télévisé du dimanche 21 novembre 2021. ©Ncla1ere
Elle était l’invitée politique du journal télévisé ce dimanche 21 novembre. Sonia Backès, présidente des Républicains calédoniens et membre de l’Avenir en confiance est revenue sur le troisième référendum, son courrier à l’ONU et les discussions, au lendemain de la consultation.

La campagne référendaire se poursuit

Lancée depuis le 21 octobre dernier, la campagne référendaire des partisans du Non à l’indépendance se poursuit. "Nous on fait une campagne, parce qu’on considère que ce moment est important", assure Sonia Backès. "Tous les jeunes Calédoniens ont envie de passer à autre chose et nous aussi, on a envie de passer à autre chose. J’appelle tout le monde à voter parce qu’il y a une petite ambiguïté chez les indépendantistes, en tout cas dans les indépendantistes que j’ai eu l’occasion de rencontrer.

"Beaucoup me disent qu’ils vont aller voter. Alors est-ce que c’est une ambiguïté du message qui est envoyé par les leaders? Est-ce que c’est finalement une volonté de ne pas forcément suivre les consignes? Je ne sais pas. Mais en tout cas, on sent qu’il y a une volonté d’un certain nombre d’indépendantistes à aller voter. Donc j’appelle les nôtres, ceux qui votent non, à aller voter, à se mobiliser". 

Un courrier adressé à l’ONU 

La présidente de la province Sud avait adressé jeudi dernier, un courrier à la commission en charge de la décolonisation de l’assemblée générale des Nations unies pour "faire respecter le processus d’autodétermination". 

"C’est simplement pour dire la vérité à l’Onu", explique la membre de l’Avenir en confiance. "La vérité, c’est certainement pas ce que disent les indépendantistes. C’est à dire que c’est un référendum qui se fait sans le peuple autochtone. Ça, c’est un mensonge. Ce référendum, il se fait avec tout le monde. Et d’abord, ce sont uniquement des partis indépendantistes qui appellent à ne pas voter. Ce n’est pas l’ensemble du peuple autochtone, comme ils le disent qui ne peut pas voter. Tout le monde peut aller voter. Il n’y a donc aucune raison valable de contester ce référendum".

Les remerciements d’Emmanuel Macron aux maires calédoniens

La semaine dernière, le président de la République a tenu à remercier les maires locaux de leur implication dans le processus référendaire depuis près de trente ans, à l’occasion du congrès des maires à Paris.

"C’était essentiel qu’il s’exprime", poursuit la présidente de la province sud. "Des décisions ont été prises, et notamment celle du maintien de la date du 12 décembre. On sait bien qu’il s’est impliqué, dans cette décision. C’était important que l’État s’engage, parce que c’est vrai que ça fait 20 ans que très souvent, l’État a pris le parti des indépendantistes à céder à un certain nombre de menaces. Et là, l’État a simplement conservé sa position. Il n’a pas pris parti. Et c’était pour nous, un peu exceptionnel". 

L’Éveil océanien se positionne pour un "Non, pas maintenant"

Une décision saluée par la présidente des Républicains Calédoniens. "C’est une très bonne nouvelle. C’est vrai que l’Éveil océanien ne s’était pas positionné sur les deux premiers référendums. On n’a pas toujours été d’accord avec eux. Je pense que ce qu’il s’est passé avec les conséquences du Oui et du Non, avec leur présence dans les exécutifs des collectivités, ils se rendent compte que sans la France, on ne pourrait rien faire aujourd’hui. D’où leur "Non pas maintenant". En tout cas, c’est un appel à voter non", se réjouit Sonia Backès.

Quid du 13 décembre? 

Au lendemain de la troisième consultation, est-ce une réelle disparition des Accords de Nouméa? "D’un point de vue légal et politique, c’est la fin de l’Accord de Nouméa. Et donc, il nous faut écrire quelque chose de nouveau", martèle Sonia Backès.

"L’Accord de Nouméa disait qu'au lendemain, les partenaires se retrouvent pour discuter de la situation ainsi créée. C’est ce qu’on va faire, avec une précision qui a été apportée en Métropole quand on y était au mois de mai dernier, sur cette période de discussion qui va durer 18 mois. Et qui nous permettra au bout des 18 mois, de consulter les Calédoniens sur un projet qui rassemble. Ce n’est pas un nouveau référendum, on ne va pas choisir entre l’indépendance ou la France, mais on va choisir un nouveau projet, et j’espère que ce projet sera validé par la très grande majorité des Calédoniens". 

Quelles discussions avec les indépendantistes? 

Et malgré la non participation annoncée des partis indépendantistes, qu’en sera-t-il des discussions, au lendemain de la troisième consultation? "Un certain nombre d’entre eux ont dit qu’ils seraient autour de la table le 13 et je pense que c’est une forme de responsabilité", commente la cheffe de file des Républicains calédoniens.

"Certains ont été là, en mai dernier à Paris. Ils ont accepté le résultat des discussions et je crois comprendre qu’ils seront là et je pense que c’est une bonne chose. Encore une fois, il y a toute une génération qui n’a vécu qu’avec les Accords de Nouméa et de Matignon et qui a envie d’autre chose que du binaire. Ceux qui seront autour de la table, ils offriront à leurs électeurs les plus jeunes, un avenir partagé". 

Demande de la fin du gel du corps électoral?

La demande de la fin du gel du corps électoral sera-t-elle formulée, au lendemain du troisième référendum? "Oui, bien sûr", répond Sonia Backès. "On est à la fin de l’Accord de Nouméa. La cour Européenne des droits de l’Homme a considéré que le corps électoral gelé n’était valable que pour la période transitoire de l’accord de Nouméa".

"Il n’y a plus de corps électoral gelé, au lendemain de l’accord. La question, c’est qui vote pour la sortie et la consultation en juin 2023? Pour moi, cette consultation, elle doit fédérer le maximum de monde. On doit avoir à la fin, un vote à 80 ou 90%. Si on veut faire une Calédonie où l’on arrête de cliver. L’idée, c’est de faire enfin une communauté de destin et une identité calédonienne. Pour ça, il faut que tout le monde vote".

Retrouvez l’entretien de Sonia Backès, interrogée par Laurence Pourtau : 

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