“Aucune demande d’inscription n’a été refusée” par la province Sud, assure Gil Brial, deuxième vice-président de la collectivité. Pourtant, des enfants ont manqué le premier jour d’école parce que leurs parents n’ont pas reçu de confirmation d’inscription. Leurs dossiers sont toujours en cours de traitement.
Certains sont incomplets. D’autres ont été déposés à la dernière minute, voire le jour de la rentrée.
Le défaut de justificatif de domicile, une cause
La difficulté à prouver son domicile, avec laquelle plusieurs familles hébergées chez des proches témoignent s’être battues, est en cause dans une quinzaine de cas, chiffre Gil Brial. Car les attestations d’hébergement ne sont désormais plus suffisantes. Il faut pouvoir présenter “une carte électorale, un certificat de radiation d’une autre école, un contrat de travail récent”, un précédent bail locatif, cite Gil Brial. En résumé, prouver être installé en province Sud. Il promet : “les situations particulières sont prises en compte”, notamment celles qui résultent de la crise économique et sociale d’après émeutes. Y compris lorsque les familles viennent d’une autre province ?
Le 20 janvier, sur les réseaux sociaux, Sonia Backès, la présidente de la province Sud, mettait en garde : “Chaque enfant a droit à une école… mais pas où il veut quand il veut…” Dans son post, elle évoque “un nombre important de personnes débarquant pour ‘une inscription de dernière minute’ (...) avec des ‘attestations d’hébergement’.” Et précise : “Les enfants qui étaient inscrits dans le Nord ou dans les Îles, dont les parents ne démontrent pas qu’ils résident réellement en province Sud, resteront inscrits dans leur école et leur province d’origine.”
Des relances ont été envoyées aux parents dont les dossiers sont incomplets. “On regardera bien que les enfants concernés aient une école” avant de les mettre de côté, affirme Gil Brial.
Dans d'autres dossiers en attente, ce sont d’autres types d’information et de justificatifs qui manquent, indique l’élu. Un carnet de vaccination à jour par exemple.
“Il faut compter environ 72 heures de traitement des dossiers”
Autres cas : les familles qui se sont vraiment décidées au dernier moment. “Depuis le 1er janvier, on a enregistré à peu près 1 000 demandes d’inscriptions”, annonce le vice-président de la province Sud. Ces demandes, déposées en dehors de la campagne d’inscription, qui se tient en juillet et en août, sont trois fois plus nombreuses qu’habituellement. Elles représentent un tiers des nouvelles inscriptions 2025. De quoi chambouler l’organisation de la rentrée.
“Ce n’est pas pour embêter les parents que les inscriptions sont ouvertes si tôt. En octobre, nous établissons la carte scolaire, c’est-à-dire les ouvertures et les fermetures de classes dans chaque école” en fonction du nombre d’élèves, pour ensuite pouvoir gérer les mouvements des enseignants et lancer d’éventuels travaux, explique Gil Brial. “Les inscriptions de dernière minute nous désorganisent complètement”, à tel point que la province Sud se pose la question d’en supprimer la possibilité.
50 demandes déposées le jour de la rentrée
Mais si des familles dont les dossiers étaient complets ne savent pas où leur enfant doit aller, c’est parce que le traitement prend “environ 72 heures”. Les effectifs ont beau être en baisse, placer 1 000 nouveaux élèves dans les écoles les plus proches de chez eux en respectant les listes d’attente, les fratries et 25 élèves par classe maximum peut relever du casse-tête. 200 demandes ont été déposées la dernière semaine des vacances, dont 80 vendredi et 50 ce lundi.