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Rixes filmées sur internet : des leviers d'actions très limités

Une pétition sur le net lancée par des animateurs numériques demande des mesures contre la haine sur les réseaux sociaux avec notamment la suppression d'une chaîne consacrée aux bastons. Une belle idée en théorie, difficilement réalisable en pratique.

© La 1ère
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  • Jeannette Peteisi avec Loreleï Aubry
  • Publié le , mis à jour le
La chaîne "Baston NC officiel" créée en 2017 sur Youtube comptabilise actuellement 185 560 vues de toutes ses vidéos. Des vidéos de bagarres de rue dont les publications ont été multipliées par deux ces dernières semaines. 


Des contenus difficilement contrôlables 


Devant l'ampleur du phénomène, des observateurs inquiets se posent des questions sur le rôle des réseaux sociaux et leur capacité à supprimer ou interdire ces contenus violents impliquant parfois des mineurs. Récemment, des animateurs numériques ont pris l'initiative de solliciter les autorités locales, via une pétition adressée à l'observatoire du numérique et au gouvernement de la NC, pour mettre un terme à ces publications sur internet. Problème, la manoeuvre est complexe. 
 

La difficulté pour lutter contre ces pratiques sur les réseaux sociaux c'est la multiplication du média en lui-même. Un vidéo qui va être diffusée va pourvoir être reprise, téléchargée puis récupérée par une autre personne qui va recréer une chaîne et la rediffuser. Donc, déjà empêcher la diffusion de la vidéo en elle-même est un exercice très compliqué. D'autre part, on sait que tout ce qui est mesure coercitive ou de réglementation a peu d'effets dans ce champs là. On va supprimer une chaîne, peut-être dix, douze, quinze... mais d'autres réapparaîtront le lendemain et le surlendemain.

- Eric Olivier, coordinateur projets à l'Observatoire numérique NC

 

L'importance de signaler les violences aux autorités 


Si Facebook dispose bien d'un dispositif de blocage en amont, ce système ne concerne que les contenus pédopornographiques ou de "revenge-porn", tout le reste est retiré du réseau social a posteriori. Dans ce contexte, pour obtenir le retrait d'un contenu jugé violent, il faut en avertir le réseau social, ce qui prend du temps. Mais la modération des publications de bagarres de rues passe aussi par l'identification des auteurs. 
 

Toute personne qui est victime d'une violence ou en constate une, il faut aller porter plainte auprès des services de police et également se signifier sur le portail dédiés à l'adresse internet-signalement.gouv.fr et là les pouvoirs publics pourront avoir des recours, c'est à dire solliciter le média concerné, le réseau social ou la chaîne Youtube pour qu'ils délivrent les identités de la personne qui a posté ces vidéos.

- Eric Olivier, coordinateur projets à l'Observatoire numérique NC


Le gouvernement, par la voix de Hélène Iekawé (en charge de l'enseignement) a annoncé la semaine dernière qu'il revenait aux parents de prendre leurs responsabilités en matière d'éducation aux réseaux sociaux. De son côté, le collectif des animateurs numériques NC a proposé d'organiser des assises de la lutte contre la haine sur internet. 

Le reportage de Caroline Martin et Claude Lindor diffusé ce lundi 25 mars 2019 : 
DANGERS BASTONS RESEAUX SOCIAUX



 

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