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Serpents marins, quel danger ?

Un jeune australien d’une dizaine d’années a été mordu par un serpent à l’ile des Pins ce weekend. L’histoire s’est bien finie mais elle aurait pu prendre un tournant dramatique. Faut-il craindre les serpents marins en Nouvelle-Calédonie ?

© Coralie Cochin
© Coralie Cochin
  • Coralie Cochin et Malia Noukouan (avec Caroline Moureaux)
  • Publié le , mis à jour le

Un jeune australien mordu

A l’Ile des Pins, un enfant australien d’une dizaine d’années a été évacué samedi vers le Médipôle, après avoir été semble-t-il mordu par un serpent marin en baie de Kuto.
Placé en observation pendant 24 heures, le jeune croisiériste est sorti de l’hôpital dimanche, il ne présentait pas de trace de venin.
Les précisions du médecin Charles Belon, du centre médico-social de l’île des Pins, au micro de Malia Noukouan

Morsure serpent enfant australien ile des Pins itw Dr Belon

la baie de Kuto à l'ile des Pins © Caroline Moureaux
© Caroline Moureaux la baie de Kuto à l'ile des Pins

 

Risque d’arrêt respiratoire

Si les morsures de serpents de mer restent relativement rares en Nouvelle-Calédonie, elles sont prises très au sérieux. Quels sont les risques et les précautions à pendre ?
On dénombre chez nous quatorze espèces de serpents marins, dont treize sont très venimeuses.
Qu’il s’agisse d’un tricot rayé ou d’un autre serpent marin, toute morsure est potentiellement dangereuse, s’il y a eu injection de venin.
Le degré de gravité dépend précisément de la dose de venin injectée et du poids de la personne mordue.
De par leur corpulence, les enfants sont donc particulièrement exposés à des risques de complication.
«  Le plus grave dans l’envenimation par serpent marin, c’est le risque d’arrêt respiratoire lié à une paralysie des muscles respiratoires dans un délai quelquefois très bref, le délai le plus rapide est de l’ordre d’une demi-heure » explique le docteur Claude Maillot, spécialiste en médecine subaquatique.

Serpents marins itw Maillaud


En cas de morsure, le premier des réflexes est d’appeler le SAMU au 15.
Le Médipôle dispose en effet d’un sérum anti-venimeux.
 

Des serpents plus ou moins agressifs

Mais la première des précautions est de ne pas toucher les tricots rayés ou de s’approcher des serpents marins. 
«  Le tricot rayé, c’est à dire le genre terrestre, est spontanément très peu agressif » explique Claude Maillaud. « En revanche, avec les autres espèces de serpents marins, la plupart des morsures ne sont pas le fait de comportements inappropriés des victimes. Les morsures qui ont eu lieu en pleine eau résultent de comportements agressifs du serpent ». 
L'Hydrophis major est un serpent marin venimeux qui fréquente la Baie des Citrons. © La 1ère
© La 1ère L'Hydrophis major est un serpent marin venimeux qui fréquente la Baie des Citrons.

Au-delà des risques pour l’homme, le tricot rayé ne doit pas être manipulé pour des raisons environnementales,
« Le code de l’environnement de la Province Sud interdit toute perturbation intentionnelle sur les animaux protégés » rappelle Claire Goiran, chercheuse spécialisée dans les serpents marins. « Donc les tricots rayés sont protégés en Province Sud et on n’a pas le droit de les embêter ». 
 

Pas de cas mortel depuis 1974

En Nouvelle-Calédonie, le dernier cas de morsure mortelle par un serpent marin remonte à 1974. Il ne s’agissait pas d’un tricot rayé. Depuis 2000, sept cas d’envenimation ont été répertoriés. A chaque fois, les patients ont pu être traités à temps.

A revoir, ce reportage de juillet 2018 d’Olivier Jonemann et Claude Lindor 
 Découvrez cet ouvrage de l'IRD de 2002 consacré aux serpents marins de Nouvelle-Calédonie :  

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