Sous-marins français de la DCNS, le Premier ministre australien l'assure : la fuite de données n'aura pas d'incidence

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Modèle de sous-marin Shortfin Barracuda
Modèle de sous-marin Shortfin Barracuda ©Supplied / DCNS
Le Premier ministre australien, Malcolm Turnbull, minimise les conséquences de la fuite massive d'informations techniques confidentielles, dont a été victime le constructeur naval français DCNS, choisi pour construire la nouvelle flotte de sous-marins australiens.
C'est le quotidien The Australian qui révèle l'information : la DCNS a été victime d'une fuite de données concernant des sous-marins Scorpène conçus pour l'Inde. Le quotidien affirme avoir consulté les plus de 22 000 pages divulguées. On y trouve notamment des informations sur les capacités secrètes de combat des submersibles. 
 
Une fuite qui pourrait inquiéter l'Australie : en avril dernier, Canberra a choisi de confier la construction de ses 12 nouveaux sous-marins au groupe DCNS. Dans un communiqué, le constructeur français se veut rassurant : « Les autorités françaises chargées de la protection et de la sécurité de la Défense vont lancer une enquête et déterminer la nature exacte des documents divulgués. Les questions liées à l'Inde n'ont aucune incidence sur le programme australien, qui fonctionne selon les dispositions prises par le gouvernement australien pour la protection des données sensibles. »
 
Interrogé par la chaîne Seven, Malcolm Turnbull, le Premier ministre, estime qu'il n'y a pas lieu de s'affoler : « Toutes les fuites de données confidentielles sont inquiétantes, mais je voudrais souligner que le sous-marin qu'ils construisent pour l'Inde n'est pas le sous-marin qu'ils construiront pour nous, c'est un modèle complètement différent, et les informations divulguées datent de plusieurs années. »
 
Ces données dateraient de 2011. Elles pourraient avoir été emportées de France par un ancien officier de la marine française, qui était alors un sous-traitant de la DCNS.
 
Le Premier ministre australien fait remarquer que non seulement, les submersibles ne sont pas les mêmes, mais que l'organisation du projet est aussi différente : « Nous avons les normes de sécurité les plus élevées pour l'ensemble de nos informations concernant la Défense, que ce soit dans le cadre de nos partenariats avec d'autres pays ou au sein même de l'Australie. Mais c'est de toute évidence un rappel, à l'ère numérique, que la cyber-sécurité est d'une importance capitale. »
 
Le groupe DCNS affirme aussi que les garde-fous ne sont pas les mêmes : « Dans le cas de l'Australie, contrairement à l'Inde, la DCNS est à la fois le fournisseur et le contrôleur local des données techniques pour toute la chaine de transmission et leur utilisation tout au long de la vie des sous-marins. »
 
Malgré toutes ces garanties, Andrew Davies, le directeur du programme de défense et stratégie au sein de l'Institut australien de la stratégie politique, n'est pas complètement rassuré : « Cette fuite est quelque peu préoccupante. Même si l'Australie achète un modèle de sous-marin différent, les principes de conception vont probablement être les mêmes d'un modèle à l'autre - leurs approches concernent les niveaux de bruit émis, par exemple, pourraient être similaires. Mais sans une connaissance détaillée des modèles des sous-marins, il est difficile de savoir quelle est la gravité de cette fuite. »
 
Autre inquiétude : la réaction des États-Unis, qui doivent fournir le système de combat secret des futurs sous-marins. « De hauts responsables de la marine américaine ont exprimé leurs craintes, en privé, concernant la sécurité des informations classifiées confiées à la France », rapporte le journal The Australian.
 
 
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