Trois personnes condamnées pour des menaces de mort à l'encontre de Sonia Backès

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Justice Tribunal correctionnel Nouméa
©Natacha Lassauce-Cognard / Ncla1ere
Trois hommes étaient jugés au tribunal correctionnel ce jeudi matin, pour menace de crime et de délit contre Sonia Backès, présidente de la province Sud. Des menaces proférées sur les réseaux sociaux, en novembre 2019.

"Une seule balle peut faire l’Histoire ! ". Cette phrase, fait partie des nombreux commentaires écrits sur les réseaux sociaux à l’encontre de Sonia Backès, la présidente de la province Sud, le 30 novembre 2019. À l’origine de ce déferlement de haine, trois hommes.

"Ils s'abritent derrière leur clavier"

Des prévenus jugés ce jeudi matin devant le tribunal correctionnel de Nouméa pour menace de mort, un délit puni par la loi. À la barre, seul un quinquagénaire s’est déplacé, il se présente sans avocat. Interrogé, il dit regretter ses commentaires passés, "on profère des menaces mais on ne passe jamais à l’acte", finit-il par dire.

Des propos qui retiennent l’attention de Me Philippe Reuter, avocat de la partie civile. "C'est une affaire extrêmement grave, qui concerne Mme Backès qui a déposé plainte, mais aussi tous les élus du territoire", lance le conseil de Sonia Backès.

"Vous avez des personnes qui s'abritent derrière leur clavier, pour proférer des menaces de mort à l'encontre des élus, qu'ils soient loyalistes, indépendantistes... cela n'a pas d'importance, mais il est absolument inadmissible de laisser prospérer ce genre de comportements. Cela peut affecter les gens dans la conduite de leur action politique", poursuit Me Reuter.

"Surveiller cette parole qui se répand sur les réseaux sociaux"


"J'ai rappelé au tribunal, que le problème est tellement important, qu'un comité des sages a été mis en place, pour surveiller cette parole politique. Il faut surveiller cette parole qui se répand sur les réseaux sociaux", ajoute l'avocat de la partie civile. Pour le ministère public, c'est le développement des réseaux sociaux qui entraîne de nouvelles formes de délit. Au nom de la liberté d’expression, des violences sont commises.


Le président du tribunal a condamné l'un des prévenus absents, déjà condamné pour des faits de violence, à six mois de prison et à la privation de ses droits civiques pendant trois ans. Les deux autres, ont été condamnés respectivement à 60 et 120 jours amende, soit 30 000 et 60 000 frs cfp d'amende.

Le reportage de Natacha Lassauce-Cognard et Laura Schintu :