Un malade au sein du centre opérationnel du gouvernement, quelles conséquences ?

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Un malade au sein du centre opérationnel du gouvernement, quelles conséquences ?
Le président du gouvernement en quatorzaine et des cas de covid très discutés. C’est ce qu’il faut retenir du week-end.
Que l'erreur dans les tests ait été technique ou humaine, il n'en reste pas moins qu'un collaborateur du gouvernement est touché par le Covid-19, et qu'il a tardé à être détecté. Quelles conséquences pour la cellule de crise mise en place par les autorités ? Qui est confiné et comment ? 
 

Quid du « faux négatif » ?

C’est un ancien collaborateur de la présidente de la province Sud, Sonia Backès, passé depuis le 22 mars au centre opérationnel du gouvernement, le COG, la cellule en charge de la lutte contre le Covid-19. Il est rentré de Métropole le 11 mars et a présenté des symptômes légers une semaine plus tard. Testé négatif le 21 mars, il a été rappelé mercredi dernier par le CHT pour passer un nouveau test. Le résultat, positif, est tombé le 2 avril. L’homme en question a été transféré au Médipôle.
 

Des conséquences importantes !

Selon nos informations, ce cas importé aurait commencé à présenter des symptômes quatre jours avant son premier test erroné. Il aurait continué à travailler pendant près de deux semaines avant de passer le deuxième test qui s’est avéré positif. Coordinateur de la cellule de crise sur le Covid-19, il a été amené à rencontrer de nombreuses personnes, très haut placées au sein des institutions. Il présenterait cependant une charge virale assez faible. Ses proches auraient été testés négatifs. 
 

Qui a côtoyé le malade ? 

Tous ceux qui ont été en contact rapprochés avec le coordinateur diagnostiqué positif au Covid-19. Ce dernier était présent lors des réunions quotidiennes de la direction des opérations du gouvernement qui est la cellule de décision politique sur le coronavirus. Selon nos informations, au sein de cette direction, moins d’une vingtaine de personnes se réunissaient. En l’occurrence : le président du gouvernement, Thierry Santa, le Haut-commissaire, Laurent Prévost, le 1er vice-président du gouvernement, Gilbert Tyuienon, la présidente de la province Sud, Sonia Backès, le président de la province des Iles Loyauté, Jacques Lalié, le directeur de la sécurité civile par intérim, Danilo Guépy, le porte-parole du gouvernement, Christopher Gygès, mais aussi des secrétaires généraux, des collaborateurs et des conseillers du gouvernement, et des provinces Sud et Iles. Le malade participait aussi aux réunions du COG, le centre opérationnel du gouvernement, piloté par la sécurité civile.


Sont-ils confinés ? 

Certains le sont, mais de manière différente. Thierry Santa a annoncé hier lors de son allocution être confiné à l’hôtel Le Méridien pour 14 jours. C’est aussi le cas de Jacques Lalié et de Danilo Guépy dirigés vers un hôtel de Magenta Ouémo. « Je suis confiné dès ce dimanche. Je ne suis pas ravi de cette situation mais j’essaie de montrer l’exemple », confie le président de la province des Iles par téléphone, ce dimanche matin. Le Haut-commissaire est autorisé à poursuivre ses activités normalement. Il reste comme le reste de la population, astreint aux règles de confinement et donc à limiter au maximum les déplacements. Sonia Backès, testée négative est confinée chez elle jusqu’à demain. Gilbert Tyuienon, lui, est sous surveillance hors de son domicile, tout comme Christopher Gygès. « Je  suis parti pour ne pas être en contact avec ma famille, mais je ne suis pas en confinement strict comme d’autres, car je n’ai pas été physiquement proche du malade. Je n’ai à ce jour aucun symptôme ». Le 1er vice-président se rendra au gouvernement dès lundi en respectant les règles de distanciation. « Je vais pouvoir travailler, mais cette situation est difficile à vivre ».
 

Quelles mesures s’appliquent pour eux ?

Selon un collaborateur présent lors de ces réunions, « le type de confinement est décidé en fonction de la proximité entre les interlocuteurs, c'est-à-dire des distances entre les personnes présentes ». Mais pas seulement, assurent les autorités sanitaires. C’est une équipe spécialisée de la DASS qui à  chaque confirmation de cas positif mène des investigations pour lister tous ceux qui ont été en contact avec les personnes positives. Cette enquête permet en effet de déterminer les  différents niveaux d’exposition, au cas par cas, pour chaque personne ayant été en contact et de mesurer les différents niveaux d’exposition et de risque pour lesquels des mesures différentes seront prises (type de surveillance, lieu de surveillance, tests ou pas à l’issue des 14 jours de surveillance et arrêtés ou pas de quarantaine).
 

Qui est le cas Covid-19  annoncé par le CHT comme le « faux positif » ?

Cette erreur dans les tests a fait aussi une autre « victime », le « faux positif », la personne initialement comptabilisée dans les cas avérés est isolée au Médipôle. Selon toute vraisemblance, il s’agit de l'employée administrative de la pharmacie de Robinson, au Mont-Dore, dont le cas avait été rendu public. Elle est restée plusieurs jours à l’hôpital avant d’être autorisée à en sortir. Ses proches avaient tous été testés négatifs. Il est fort probable qu’elle n’a jamais été porteuse du virus et que le résultat de son test était erroné. Sur ce « faux positif », le CHT n’est pas en mesure de confirmer, pour l’instant, s’il s’agit d’une erreur humaine ou d’une défaillance technique des tests de dépistages. Ils sont précis de 70 à 90%, en fonction du stade évolutif de la maladie. 
 

Quelles incidences ?

Cette personne était identifiée comme le seul cas autochtone détecté en Nouvelle-Calédonie, c'est-à-dire la seule personne contaminée sans être sortie du territoire ou qui n'était pas un cas contact. Une situation compliquée pour les autorités sanitaires obligées d’enquêter pour identifier la source de transmission. S’il n’y a plus de cas autochtone, la traçabilité du Covid-19 est plus claire. Elle reste limitée à celles et ceux qui ont côtoyé des cas positifs importés. Un point rassurant. 

En revanche, en donnant l’information de sa profession, le gouvernement a contribué à alimenter les spéculations sur l’identité de ce cas présumé autochtone et son lieu de travail. L’employée s’est retrouvée sous pression, inquiète pour sa santé et la tournure des évènements. Une situation dont elle se serait bien passée, malgré le soulagement de n'être pas atteinte par le virus.