Robert Foucrier avait 18 ans lorsqu’il s’est engagé dans les parachutistes. Comme on dit dans le jargon, il « a fait » le Tchad, le Liban, ou encore l’opération Barracuda en Centre-Afrique pour renverser le chef d’Etat Bokassa. Comme tous ou presque, il a vécu des expériences traumatisantes mais reste très pudique : "Quand vous rentrez de mission et que vous laissez derrière vous des morts… bon évidemment vous pouvez pas l’oublier. Il y a les blessés aussi, ceux qui vont rester impotents, que vous allez retrouvez d’ailleurs dans votre vie, avec qui vous allez garder le contact. Donc, ça marque, oui."
Pas si simple de parler dans la "Grande muette"
Mais quand on évoque avec Robert le besoin d’un soutien psychologique pour les soldats, il répond par un sourire… "A mon époque, il n’y avait pas de cellule psychologique, mais peut-être qu’on avait le caractère formé pour ça, on savait ce qui nous attendait. C’était à nous de nous ressaisir pour continuer le travail", assure-t-il.
Esprit de camaraderie
Lisandru Tamanini-Duong, 43 ans, est d’une autre génération. Pour cet ex-militaire devenu enseignant, parler avec d’anciens soldats comme lui, c’est au contraire très important. Avec eux, il partage "beaucoup d’anecdotes, des choses dont on peut discuter, des sujets sur lesquels on est en adéquation sans que ça soit mal interprété par des personnes qui n’ont pas vécu les mêmes choses… On parle le même langage."
Un esprit de camaraderie et de solidarité que n’ont pas perdu ces anciens combattants. Même des années après être rentrés des théâtres d’opération.