Union Calédonienne : le troisième référendum dès que possible

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Congrès UC
©Cédrick Wakahugnème
L’UC dresse le bilan de son 51e congrès. Le parti a reconduit Daniel Goa à sa tête et affiche sa ferme volonté de demander l’organisation du troisième référendum dès le mois d’avril. Le leader de l'UC interpelle également le grand chef de Guahma sur les récents événements de Maré. 
L’Union Calédonienne fait le bilan du 51e congrès organisé le week-end dernier à Touho Mission. Amorcer le troisième référendum, mettre en place l'assemblée constituante et surtout un préalable minier avant toutes discussions sur l’avenir de la Nouvelle-Calédonie, ce sont les engagements de l’UC. Le parti de Daniel Goa insiste sur la préparation du nouvel Etat indépendant. 
 

A partir du 4 avril

Un troisième référendum, dès que possible, c’est la volonté de l’Union Calédonienne. La demande pourrait être formulée à partir du 4 avril prochain. Sans attendre, le congrès de la composante du FLNKS s’engage déjà à lancer la préparation de l’assemblée constituante pour élaborer la constitution du futur état indépendant. Un projet qui ne date pas d’aujourd’hui et qui fait débat au sein du Front indépendantiste. Le leader de l’UC est conscient que l'adhésion du plus grand nombre est nécéssaire. « C'est un projet qui va être revu, parce qu' il y a encore des discussions », détaille Daniel Goa. « Les forces politiques se mettent en place et il y a surtout les non-indépendantistes. Il faut qu'ils soient partie prenante du projet parce que c'est le projet de notre pays. Après, qu'on soit pour ou contre l'indépendance, c'est une autre histoire, mais il faut qu'on regarde ensemble ce qu'on fait de notre pays. » 
 

Qu'on soit pour ou contre l'indépendance, c'est une autre histoire, mais il faut qu'on regarde ensemble ce qu'on fait de notre pays.
- Daniel Goa, leader de l'UC

 

Une cellule de mobilisation

L’actualité du rachat de l’usine du Sud a aussi été abordée lors de ce congrès. En soutenant l’Ican, l’Instance coutumière autochtone de négociations, et les intérêts calédoniens sur la question des ressources minières, le parti de Daniel Goa prévoit la mise en place d’une cellule de mobilisation. Celle même qui a servi pour l’usine du Nord. Un deuxième préalable minier qui pourrait servir d'amorce à toutes discussions sur l’avenir de la Nouvelle-Calédonie. « Si le Oui l'emporte, comment je finance mon indépendance? Je vais toujours continuer à dépendre de la France? Il faut se donner les moyens pour le Oui et ces moyens-là, c'est d'abord notre richesse d'ici. Créer de la diversification, si on n'a pas la ressource minière ça n'a pas de sens. » 
Le reportage Bernard Lassauce et Gaël Detcheverry :
 

Daniel Goa interpelle le grand chef de Guahma

Ces trois jours de congrès ont permis à l’UC de réaffirmer notamment que l’unité des nationalistes est un levier essentiel. L’Union-Calédonienne a également abordé l’affaire des réfugiés de Maré. Une démarche intolérable selon Daniel Goa qui interpelle directement le grand chef de Guahma et l'appelle à revoir sa méthode de gouvernance.
« A Maré à force de chasser les sujets, il n'y aura plus de sujets. Et un grand chef sans sujet, c'est quoi ?» pointe Daniel Goa. « C'est l'organisation sociale. On peut pas éternellement chasser les gens et puis faire comme si de rien n'était. Donc j'interpelle le grand chef : il faut qu'il revoit sa gouvernance. Parce qu'aujourd'hui, on n'est plus dans cette période où on peut faire n'importe quoi. Aujourd'hui, il faut qu'on gère nos territoires. [...] Je ne peux pas aller déposer chez les autres coutumiers mon incapacité à gérer mon district. »
 

Je ne peux pas aller déposer chez les autres coutumiers mon incapacité à gérer mon district.
- Daniel Goa, leader de l'UC