Vaccins, déconfinement, référendum : l’essentiel des annonces du haut-commissaire au JT

politique
patrice faure haut commissaire de la république jt du 26 septembre
©NC la Première
Invité du JT de dimanche soir, le haut-commissaire de la République, Patrice Faure, a entre autres évoqué les conditions du déconfinement, l’arrivée de vaccins Janssen, ou encore la polémique autour de la manifestation de samedi dernier. Tour d’horizon.

Déconfinés en fonction du statut vaccinal ?

Alors que le confinement doit prendre fin le 4 octobre prochain et que sa prolongation ou non sera évoquée ce mercredi en collégialité par le gouvernement, le haut-commissaire s’interroge : « Il n’y a peut-être pas de raison de sanctionner une population qui se veut solidaire, c’est-à-dire ceux qui se font vacciner et qui protègent l’autre partie de la population. Peut-être que le déconfinement ne pourrait concerner que celles et ceux qui sont vaccinés parce que le pass sanitaire sera bientôt mis en place en Nouvelle-Calédonie comme il l’a été en Métropole. »

Peut-être que le déconfinement ne pourrait concerner que celles et ceux qui sont vaccinés parce que le pass sanitaire sera bientôt mis en place.

 

Les vaccins sans ARN messager arrivent

Le gouvernement calédonien a sollicité auprès de l’Etat l’envoi de vaccin sans ARN messager afin de diversifier l’offre vaccinale : « Je crois savoir que ces vaccins de type Janssen arrivent vendredi ou peut-être mardi […] », a indiqué Patrice Faure. 2 000 doses sont en cours d’acheminement, elles vont, dit-il, « permettre de voir si effectivement il y a des volontaires pour se faire vacciner avec ce type de vaccins » et « si c’est le cas nous continuerons à le [proposer] au côté de l’offre actuelle de Pfizer. »

Vaccination : les Calédoniens peuvent mieux faire

En Guyane, où Patrice Faure a été préfet, « les gens ne se sont pas faits vacciner ou ont tardé à le faire et c’est la 4e vague qu’ils sont en train de subir aujourd’hui. Il faut absolument que la Calédonie n’assume pas une 2e, ni une 3e ni une 4e vague. Il y a eu une magnifique remontée de la vaccination puisque l’on est passé d’environ 7 000 vaccinations par semaine entre le 1er janvier et le 6 septembre à 30 000 vaccinations par semaine à partir du 7 septembre. Ça a tendance à diminuer, il ne le faut pas. 93% des victimes n’étaient pas vaccinées. » 

La date du référendum évoquée lors de la visite du ministre des Outre-mer

Le référendum aura-t-il lieu comme prévu le 12 décembre prochain ? « Sébastien Lecornu sera là bientôt, il vient voir les soignants, les élus, il va consulter et au vu de la courbe, des perspectives, des projections sanitaires, il proposera des décisions au chef du gouvernement, a répondu Patrice Faure. Mais aujourd’hui nous sommes toujours sur la perspective du 12 décembre. »

Aujourd’hui nous sommes toujours sur la perspective [d'un référendum] le12 décembre.

 

Confinement et couvre-feu bien respectés

Selon le haut-commissaire, « le taux d’incidence cumulé glissant sur 7 jours est aujourd’hui d’à peu près 800 (pour 100 000 personnes), il est monté jusqu’à 1 100 entre le 16 et le 20 septembre. Là il est redescendu. »

Si la propagation du virus semble marquer le pas, c’est pour Patrice Faure, « l’effet induit par le confinement, par le respect par l’immense majorité de la population de ce confinement, et c’est très bien. » 80 000 contrôles ont été effectués depuis le 6 septembre, a-t-il précisé.

Quant au couvre-feu ,« il produit des effets, je peux en témoigner, assure le représentant de l’Etat, car je prends soin tous les soirs de faire une sortie pour voir ce qui se passe dans les rues de Nouméa ou dans le grand Nouméa. Les forces de police et de gendarmerie témoignent aussi de ce calme. »

Patrice Faure reconnaît toutefois qu’il « y a encore par-ci par-là des personnes qui continuent à ne pas respecter les gestes barrières, à ne pas porter le masque. Ceux-là contaminent une personne, deux personnes, trois personnes, et au contact d’autres, ça fait 10 ça fait 100 et malheureusement ce sont ensuite des gens qui arrivent en réanimation. »

80 000 contrôles ont été effectués depuis le 6 septembre

 

De nouveaux renforts médicaux « si nécessaire »

Au total, près de 180 soignants sont arrivés de Métropole la semaine dernière, et selon Patrice Faure, si cela devenait nécessaire « nous pourrions prolonger la mission [des membres de la réserve sanitaire] qui seraient volontaires. Nous pourrions également demander des éléments complémentaires. » Le haut-commissaire a également rappelé que les soignants du RSMA et de l’armée interviennent également soit « pour renforcer l’offre de soin, soit pour vacciner au plus loin». 

La manifestation de samedi était légale, mais « indigne »

Interrogé sur les nombreuses réactions suscitées par la manifestation d’opposants à la vaccination qui s’est déroulée samedi, le haut-commissaire a indiqué qu’il « ne faisait qu’appliquer la loi. Alors j’ai été critiqué, je le sais par nombre d’élus [et une partie] de la population. Je les comprends. Je les comprends parce que moi aussi je suis indigné, indigné par cette fraction de population, des jeunes et des moins jeunes, qui par leur action, viennent aujourd’hui mettre en danger, fragiliser tout ce que les autres ont fait : se vacciner, mais aussi soigner, accompagner. »

Moi aussi je suis indigné, indigné par cette fraction de population, qui par leur action, viennent aujourd’hui mettre en danger, fragiliser tout ce que les autres ont fait. 

 

Menaces et désinformations : le haut-commissaire prêt à saisir la justice

Alors que l’Union calédonienne a interpellé le représentant de l’Etat sur des menaces et appel à la haine qui auraient été proférés lors de ce même rassemblement de samedi, Patrice Faure a assuré que « si des menaces sont proférées nous serons là évidemment aux côtés de celles et ceux qui en ont fait l’objet et je saisirai dans ce cas le procureur, il y n’y a aucune raison de transiger et de laisser faire. » De même, concernant cette fois les discours de désinformation sur le vaccin, Patrice Faure « invite toutes celles et ceux qui en auraient été destinataires à nous les faire parvenir, parce que, en tant qu’autorité, je peux saisir la justice ».

Revoir l'interview du haussaire en vidéo : 

©nouvellecaledonie