Crise du Covid : la CPME réclame une zone franche touristique

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Rencontre de concertation globale tripartite rassemblant le Pays, les organisations patronales et les syndicats de salariés. ©Présidence de la Polynésie
Lors d'une rencontre de concertation globale tripartite rassemblant le Pays, les organisations patronales et les syndicats de salariés mardi 12 mai, la CPME a notamment demandé l'instauration d'une zone franche touristique, "comme un salon du tourisme permanent", pour relancer le secteur.
Une rencontre de concertation globale tripartite rassemblant le Pays, les organisations patronales et les syndicats de salariés, s’est déroulée, mardi 12 mai, à la Présidence avec, en toile de fond, la reprise de la vie économique.
 

"Un salon du tourisme permanent"

A la sortie, Christophe Plée, président de la CPME (Confédération des Petites et Moyennes Entreprises) a demandé un plan urgent de la relance touristique, secteur qui représente 15% du PIB de la Polynésie et plus de 12 000 emplois. "Les hôteliers, les prestataires de service, les pensions de familles sont par terre [...] Chaque jour qui passe, on est en train de perdre des entreprises et des emplois."
Une prochaine réunion ne portant que sur le tourisme devrait voir naître un plan de sauvegarde massif du secteur. La CPME a notamment proposé l'instauration d'une zone franche touristique pendant six mois, appelée "fenua pass" et basée sur le volontariat des établissements. "Un système qui permet de stimuler la consommation par des baisses de prix, des offres spécifiques pour les résidents pour les six prochains mois, avec des exonérations fiscale."
Ce plan dépendrait bien évidemment de la reprise des vols d'Air Tahiti et reposerait sur un tourisme exclusivement local. "On parle de 30, 40, 50% moins cher sur les excursions, sur les nuitées...que les Polynésiens redécouvrent la Polynésie, [...] comme un salon du tourisme permanent. Je sais qu'on est capables de le faire."

En échange, les entreprises adhérentes au dispositif s'engagent à conserver leurs salariés avec 70% de réduction du temps de travail maximum.
La CPME demande donc au Pays une exonération fiscale totale et à l'Etat d'accompagner.

Dans un communiqué, le Pays invite d'ores et déjà à "consommer, acheter, voyager, s’engager « local », afin de soutenir nos commerçants, nos entreprises, nos agriculteurs, pêcheurs, artisans, nos professionnels du tourisme, etc. Il en va de leur survie et de celle des emplois qu’ils portent."
 

Reprise des vols

Dans un premier temps, la Polynésie reprendra les vols inter-îles, en "bulle intérieure". De nombreux maires l'ont ainsi appelé de leurs voeux.
Certaines liaisons pourraient ainsi reprendre à compter du 21 mai, pour les îles qui le souhaitent et toujours dans le respect des règles sanitaires.

En revanche, les vols internationaux restent tributaires de la situation sanitaire internationale. Les premiers vols seront donc consacrés aux retours des Polynésiens bloqués et à l'arrivée des fonctionnaires, par vague, en fonction des capacités d'accueil disponibles. Chaque passager entrant devra obligatoirement être testé au Covid-19 et devra présenter un résultat négatif avant l’embarquement à Paris.
Une fois arrivés à l’aéroport de Tahiti-Faaa, ils seront immédiatement confinés dans des hébergements dédiés durant 14 jours avec suivi sanitaire et sans possibilité durant cette période d’isolement de rentrer chez eux.
 

Les dispositifs DIESE et DESETTI

Les dispositifs DIESE et DESETTI permettent d'organiser l'après-confinement. 
Le DIESE est destiné à soutenir les entreprises qui auront réduit temporairement leur activité par une aide financière permettant de compenser la perte de salaire des salariés impactés par la baisse du temps de travail.
Le DESETI est quant à lui destiné à compenser la perte de revenus des travailleurs indépendants contraints de cesser temporairement leur activité du fait de la crise. "En l’état actuel de la situation du Pays, ces dispostifs ne peuvent avoir qu’une courte durée de vie car la trésorerie du Pays n’est pas un puit sans fond", rappelle la Présidence.
 

120 milliards Fcp pour redémarrer

La Polynésie s'apprête à affronter une des plus graves crises économiques de son histoire, pire que celles de 2008 et 2013.
15 000 salariés et entrepreneurs indépendants ont déjà été aidés sur la période du 21 mars au 20 avril pour un montant d’environ 1,5 milliards Fcfp. La période de confinement étant toujours active, les dispositifs de solidarité restent ouverts jusqu’à la fin du mois.

Les besoins financiers du Pays pour faire face à la crise sont de l’ordre de 120 milliards Fcfp, comprenant notamment les besoins de la CPS pour la survie de les régimes sociaux. Ces estimations seront affinées par un comité d’experts, composé de l’IEOM, l’ISPF et la DGFIP.

Le Président en a également appelé à la solidarité nationale afin que cette dernière vienne soutenir « le temps long » de cette crise et aider la Polynésie à soutenir les entreprises.