Il publie une fake news et risque son poste

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Capture d'écran de la vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux. ©POLYNESIE LA 1ère
Lundi 4 mai, un docker a publié une vidéo annonçant une pénurie alimentaire. Envoyée en privé, cette vidéo a été partagée en public et devenue virale en quelques heures. Bien qu'ayant démenti ses propos par la suite, l'employé de Cowan risque aujourd'hui son poste.
Lundi 4 mai, la vidéo devient virale en quelques heures. René Arai, un docker sur les quais du Port de Papeete où sont débarqués les containers, annonce en direct sur les réseaux sociaux que les derniers bateaux viennent d'arriver, mais qu'à partir du mois de juillet "il y aura beaucoup moins de bateaux", appelant "à stocker".
Selon lui, cette vidéo était "une blague" destinée à un groupe privé. Il affirme avoir été "piégé".
 

"Je ne voulais vraiment pas blesser ou toucher l'entreprise"


Les réseaux sociaux s'emballent et la panique s'emparre des internautes. Même s'il supprime sa vidéo, les internautes l'ont déjà enregistrée et republiée sur différents groupes. Quelques heures plus tard, il publie une seconde vidéo dans laquelle il dément ses propos.

Mais les conséquences, elles, sont bien réelles. L'homme, employé de la société Cowan, n’est pas encore licencié. Il est un salarié protégé, membre du Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT). Son licenciement ne peut donc pas faire l’objet d’une procédure classique.

Mais mardi 5 mai, il est convoqué par sa direction. "On m'a juste dit 'signe ici', et puis j'ai été licencié".

Le représentant syndical des dockers de la société Ja Cowan, Mahinui Temarii, lui, considère qu’une faute a bien été commise, et pas qu’une seule : "il faut assumer ses responsabilités. On n'a pas le droit de filmer à l'intérieur pour exposer à tout le monde. J'étais un peu surpris. Pourquoi il a fait ça ? C'est un bon chauffeur, un bon salarié. Il vient d'être promu en tant que chef de service adjoint. [...] Maintenant, il y a des procédures à suivre."

Mahinui Temarii accompagnera René Arai à la direction du travail, jeudi 7 mai, pour rencontrer l'inspecteur du travail, comme l'impose le Code du travail. Il assure qu'avec 7 années d’ancienneté dans la société, ce chauffeur n’avait jamais commis d’erreur aussi grave.
D’autant plus que lundi matin, une réunion d’information s’est tenue entre les représentants du personnel et la direction. Elle portait sur le calendrier des navires qui sont attendus en Polynésie : 12 bateaux sont programmés pour le mois de mai, 11 en juin et 11 en juillet. A partir de juillet, le tonnage baisse en raison des vacances, ce qui est habituel.

La direction de l'entreprise Cowan n’a pas souhaité réagir. La société compte une centaine d’employés.

Le Haut-commissariat rappelle que les contrevenants à l'origine de fake news risquent une amende de 5,4 millions Fcp.
Ce n'est pas la première "blague" qui circule ainsi sur les réseaux sociaux, notamment depuis le début de l'épidémie de coronavirus.
 
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