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Nouvelle-Calédonie : Roch Wamytan, un indépendantiste, à la tête du congrès

Roch Wamytan de l'UC-FLNKS sera le président du Congrès de la Nouvelle-Calédonie pour la dernière mandature de l'accord de Nouméa. Et c'est grâce aux trois élus du jeune parti L'Eveil océanien qu'il retrouve le perchoir, après avoir obtenu une majorité absolue de 29 voix au second tour. 

Roch Wamytan
Roch Wamytan
  • Nouvelle-Calédonie la 1ère
  • Publié le , mis à jour le
La surprise n'en était peut-être pas une pour tous les élus de l'hémicycle, à entendre les paroles de Roch Wamytan dès l'annonce de son élection au «perchoir» du Congrès (annonce faite par lui-même, en tant que doyen de l'assemblée). De suite, l'ancien chef de groupe UC, FLNKS et Nationalistes a évoqué une élection qui doit être marquée du « sceau historique du marqueur océanien ».
 

Le temps est venu d'imprimer dans ce pays du Pacifique le sceau historique du marqueur océanien au niveau culturel, social, économique. 
- Roch Wamytan, président du Congrès
 


«Majorité océanienne»


"  La majorité qui m'a porté à la présidence ce matin est une majorité océanienne ", a déclaré le successeur de Gaël Yanno. " C'est une première dans l'histoire de notre pays. Et il est temps que les Océaniens, qui entretiennent des relations d'échanges millénaires dans cette partie occidentale du grand océan Pacifique, mais qui ont été séparés par les frontières de la colonisation et artificiellement opposés, se retrouvent aujourd'hui autour des valeurs culturelles ancestrales. Et qu'ils puissent les partager avec toutes les populations qui vivent ici dans ce pays océanien, leur pays d'adoption. "  
 

Les voix indépendantistes et trois autres


Océanien comme L'Eveil océanien qui a visiblement permis l'élection du leader indépendatiste à la présidence du Congrès. Roch Wamytan, 68 ans, a obtenu la majorité absolue nécessaire dès le second tour : 29 voix. Ce qui correspond à celles de son groupe, de l'Uni, de l'élu Parti travailliste Louis Kotra Uregei siégeant en non-inscrit mais surtout des trois élus Eveil océanien.
  

25 élus pour Magali Manuohalalo


Magali Manuohalalo, la candidate présentée par Calédonie ensemble, a reçu 25 suffrages. Voilà qui coïncide avec ceux de son mouvement, de l'Avenir en confiance et de l'ex-CE Nicolas Metzdorf. 
Magali Manuohalalo (aux côtés de Françoise Suvé). © NC la 1ère
© NC la 1ère Magali Manuohalalo (aux côtés de Françoise Suvé).


"Capitaine de son destin"


L'Eveil océanien s'affiche ainsi dans la lignée de la philosophie qu'il a proclamée tout au long de la campagne: être "capitaine de son destin". Au premier tour de scrutin, le jeune parti wallisien et futunien a d'ailleurs présenté une candidate à la présidence du Congrès. Celle de son élue non-inscrite Veylma Falaeo, qui a eu trois suffrages en sa faveur.
  

Trois candidats au premier tour


Roch Wamytan en décomptait alors 25, avec un bulletin blanc qui évoquait la position de Louis Kotra Uregei, et tandis que Magali Manuohalalo en rassemblait également 25.

 
Coup de tonnerre


Ce résultat a fait en tout cas l'effet d'un coup de tonnerre, côté non indépendantiste, qui s'attendait à obtenir le perchoir grâce à l'union des groupes loyalistes, l'apport de Nicolas Metzdorf et le renfort des trois Eveil océanien. Rappelons que Roch Wamytan connaît bien la fonction pour l'avoir déjà exercée à trois reprises, entre 2011 et 2014. Et qu'il est le grand chef du district de Pont-des-Français, dont la tribu de Saint-Louis.
 

Vice-présidences


Par la suite, l'élection aux vice-présidences lors d'un scrutin de listes a de nouveau été marquée par le soutien de l'Eveil océanien aux candidats indépendantistes. A noter que Milakulo Tukumuli et ses deux colisitiers ne pouvaient pas y prétendre, faute de faire partie d'un groupe.


Les huit élus


Premier vice-président, Jean Creugnet (UNI).
Deuxième vice-présidente, Pascale Montagnat (Avenir en confiance).
Troisième vice-président, Sylvain Pabouty (UC, FLNKS et Nationalistes).
Quatrième vice-présidente, Sonia Backès (l'Avenir en confiance).
Cinquième vice-présidente, Wali Wahetra (UNI).
Sixième vice-présidente, Annie Qaeze (Calédonie ensemble).
Septième vice-présidente, Henriette Tidjine-Hmae (UC, FLNKS et Nationalistes).
Huitième vice-président, Gil Brial (l'Avenir en confiance).
   

Les secrétaires et les questeurs :


Les deux secrétaires sont Isabelle Kaloï-Bearune de l’UC-FLNKS et Alesio Saliga  de l’Avenir en confiance. 
Les questeurs sont Nadia Heo de l’UNI et Virginie Ruffenach de l’Avenir en confiance. 
 

Caroline Machoro-Reignier préside la commission permanente


L'installation de la très importante commission permanente a elle aussi vu la présidence revenir à une figure indépendantiste. En l'occurrence Caroline Machoro-Reignier. Philippe Michel est vice-président et Sylvain Pabouty, secrétaire. Ce mini-Congrès, dont les membres ont été élus à la mi-journée, compte six indépendantistes et cinq non indépendantistes :
- Philippe Michel (Calédonie Ensemble), 
- Sonia Backès (l'Avenir en confiance), 
- Philippe Blaise (l'Avenir en confiance), 
- Isabelle Champmoreau (l'Avenir en confiance), 
- Yoann Lecourieux (l'Avenir en confiance), 
- Caroline Machoro-Reignier (UC, FLNKS et Nationalistes), 
- Louis Mapou (UNI), 
- Mathias Waneux (UC, FLNKS et Nationalistes),
- Ithupane Tieoue (UNI),
- Sylvain Pabouty (UC, FLNKS et Nationalistes),
- Jean-Pierre Djaiwé (UNI).

Qui est Roch Wamytan ? 

Rock Wamytan est un homme politique et chef coutumier kanak indépendantiste de Nouvelle-Calédonie, né à Nouméa le 13 décembre 1950. Il est le chef et président du conseil de la tribu de Saint-Louis et le grand-chef du district du Pont-des-Français, ainsi que le président du Congrès de la Nouvelle-Calédonie du 1er avril au 1er août 2011, du19 août 2011 au 29 août 2012, du 8 août 2013 au 11 mai 2014 et depuis le 24 mai 2019 (le premier indépendantiste élu à ce poste). 
Le 1er avril 2011, le 1er vice-président du Congrès (assurant l'intérim de la présidence depuis l'élection de Harold Martin à la tête du gouvernement le 3 mars précédent) Léonard Sam (membre de Calédonie ensemble), après avoir annoncé la veille vouloir reporter l'élection du nouveau président de l'assemblée prévue pour l'après-midi, déclare à trois reprises « suspendre » la séance d'élection des membres du gouvernement du matin avant de quitter la salle des délibérations, comme l'ensemble des groupes Calédonie ensemble et UNI ainsi que leurs alliés respectifs (le RPC, le LKS ainsi que deux sans étiquettes) auparavant. Les élus du FLNKS, du Parti travailliste, du Rassemblement-UMP et de l'Avenir ensemble-LMD (soit 34 des 54 membres du Congrès) ont refusé cette suspension et ont donc continué à siéger sous la présidence de Rock Wamytan, en sa qualité de 2e vice-président. Il fait procéder alors à un vote à main levée pour confirmer le maintien de l'élection au perchoir l'après-midi.
Celle-ci a donc lieu avec 35 participants (les présents et les procurations, Jean-Luc Régent du RPC étant revenu), soit deux de plus que le quorum nécessaire (deux tiers). Rock Wamytan, seul candidat, est élu avec 32 voix et 3 bulletins blancs, étant soutenu par le FLNKS, le Parti travailliste mais aussi les anti-indépendantistes du Rassemblement-UMP et de l'Avenir ensemble. Il est le premier indépendantiste à accéder à la présidence du Congrès, et le troisième à obtenir le perchoir d'une assemblée délibérante territoriale néo-calédonienne (après Yann Céléné Uregeï de 1973 à 1975 et Rock Pidjot de 1976 à 1977). Dans la foulée de son accession au perchoir, le Congrès adopte une résolution requérant que le Parlement national fasse modifier d’urgence l’article 121 de la loi organique (afin de limiter la possibilité de faire chuter un gouvernement par la démission collective d'une liste), ainsi qu’une lettre des élus demandant au nouveau président de l’institution, en attendant que cette révision soit opérée, « de surseoir à toute nouvelle convocation du Congrès pour l’élection des membres du gouvernement », ce qui revient à refuser la nouvelle démission de la liste Calédonie ensemble.
Son élection, ainsi que celle du reste du bureau, est annulée par le Conseil d'État le 18 juillet 2011. Cette décision lui est notifiée, et prend donc officiellement effet, le 1er août suivant. Il est toutefois réélu à ce poste sans difficulté, et cette fois sans contestation, le 19 août 2011 avec 32 voix sur 53 votants (faisant une nouvelle fois le plein des suffrages du Rassemblement-UMP, du FLNKS tendance UC, de l'Avenir ensemble-MoDem et du Parti travailliste) contre 15 à Léonard Sam de Calédonie ensemble (soutenu par l'UDC, le LMD et le RPC).

(Source : Wikipédia) 

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