Rééducation post-covid : vers une saturation du centre Te Tiare

coronavirus
Centre Te Tiare
©IT
Le centre Te Tiare sera le prochain établissement de santé submergé. Les patients « post-covid » qui sortent du CHPF et qui ont besoin d'un accompagnement y sont redirigés. Le centre ne dispose que de douze lits à l'heure actuelle, dont quatre disponibles.

À l'heure où le CHPF du Taaone a du mal à maintenir la tête hors de l'eau et que tous ses services se concentrent désormais sur la prise en charge des malades du covid, l'établissement Te Tiare, qui se charge de la rééducation des patients après leur hospitalisation, s'apprête à connaître le même sort. 

Le pire à venir et déjà un manque d'effectif

réunion de crise
©IT

Chaque matin, depuis le début de la crise, la direction de l'établissement se réunit avec la plateforme covid du Pays. Ils font part des problèmes qu'ils rencontrent. 

Stéphane Millon, directeur adjoint du centre Te Tiare prend la situation au jour le jour. Sur la capacité de douze lits pour les patients « post-covid », il ne reste que quatre places : « On a eu un décès « post-covid » hier. C'est une situation très tendue. Je n'arrive pas à comprendre qu'on parle beaucoup des Antilles et de la Guadeloupe. Nous, en Polynésie, on a l'impression d'être perdus au fin fond du pacifique. Je ne comprends pas pourquoi le territoire n'est pas confiné. Il y a eu quinze morts hier. Les écoles sont des clusters ».

Le centre Te Tiare, c'est un « aller simple »

 

Pour s'occuper des patients, le centre compte 25 infirmiers. Ce n'est pas suffisant indique Marc Dambry, médecin au centre Te Tiare depuis plus de douze ans : « C'est limite, il va falloir augmenter parce que les patients sont dépendants. Il nous faudrait trois à quatre infirmiers en plus pour être relativement à l'aise ». 

De plus, lorsqu'un patient « post-covid » arrive au centre, il ne peut plus retourner à l'hôpital si son cas s'agrave car les services sont saturés. S'ajoutent aussi d'autres difficultés de logistique, insiste Marc : « Le plus dur c'est de faire face au mouvement perpétuel des patients, entre ceux qui arrivent d'urgence, ceux qui décèdent avant... En plus, on a entre 15 et 20% d'arrêts maladie. Ce sont des problématiques de ressources humaines qu'il faut gérer aussi. »