Et si le coronavirus nous obligeait au grand bouleversement ?

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La Chine vue du ciel en janvier et février 2020
La Chine vue du ciel en janvier et février 2020 ©NASA
Toute l’histoire de l’homme a été jalonnée de grandes crises qui ont instauré de nouveaux comportements . En général pour des changements positifs de l’humanité . Et si nous réfléchissions à l’après coronavirus ? Pour nous faire du bien.
Ne pas lire, surtout ne pas lire tout ce déferlement de mauvaises nouvelles.

Aujourd’hui, après l’annonce du passage du stade 1 de l’alerte à la phase 3, laissons-nous entraîner à rêver un peu. Avec internet, la Polynésie n’est pas isolée du monde, et les articles optimistes ou du moins positifs sont peut-être un peu plus durs à trouver mais ils existent.

Les posts sur les réseaux sociaux ne sont pas non plus tous anxiogènes.
En voici une petite compilation. D’abord une image : celle des canaux de Venise. La sérénissime, étouffée littéralement sous le poids de millions de touristes, se mourait à l’ombre d’immenses villes flottantes au grand désespoir de ses habitants.

En 10 jours de confinement, l’eau est redevenue claire, les poissons et les cygnes sont de retour. Preuve, s’il en fallait une, que la nature reprend vite ses droits même quand la situation semble irréversible.

Idem à Beijing où de nombreux Chinois voient enfin un ciel bleu là où un brouillard jaune emplissait les poumons de ses vapeurs toxiques. Ils sont heureux les habitants de Venise et de Pékin, comme nous le montrent Futura Planète et Le Figaro.
 

Résilience


Sur France Inter, c’est Boris Cyrulnik qu’il nous faut écouter. Le psychanalyste, pape de la notion de résilience, qui consiste à transformer une épreuve en une force, jubile . Après le coronavirus, il y aura des changements profonds. C’est la règle. Il en est sûr : passée cette crise, la famille et le couple redeviendront des havres de paix.

Un cri du cœur auquel la philosophe Laurence Devillairs répond à son tour : ce confinement doit nous donner l’occasion de faire avec ce que l’on a.
 

Revoir notre vision du monde


Lâchons un peu nos écrans et mettons-nous à penser par nous-mêmes. Toujours sur France Inter, le sociologue Gérarld Bronner prédit un grand changement de nos habitudes de consommation. D’abord, à la fin du confinement, nous nous précipiterons dans les magasins. Normal. Mais à plus long terme, les restrictions vont nous faire réfléchir. (et oui ! Encore réfléchir ! Feruri en tahitien). Nous serons obligés de revoir notre approche des problématiques sanitaires, écologiques, altruistes et solidaires.

En résumé, cette crise ne peut que nous secouer et puis nous réveiller. Le Pékinois acceptera -t-il de retourner travailler sous son sale ciel jaune ? Le Vénitien de s’enfermer chez lui quand des hordes de touristes jettent leurs détritus dans les eaux de la ville ? Sans doute pas...Quant à nous, plus préservés que la grande majorité de l’humanité, nous allons devoir apprendre à vivre avec nos enfants ou nos conjoints.
 

Se poser les bonnes questions


Est-ce le bon moment pour nous poser cette question cruciale ? Et si c’était mon enfant qui posait problème à l’école et pas son instituteur ou son institutrice que je charge de tous les maux ? Oui , si nos enfants étaient mal élevés par ce que nous en avons fait des enfants-rois ?

Tous les jours sur les réseaux sociaux, ils vous le disent ces profs fatigués : ils n’en peuvent plus de vos rejetons agités, pénibles, mal embouchés. Ces 15 jours avec eux vous seront peut-être profitables pour vous rendre compte qu’ils sont invivables. Et qu’il est temps de les éduquer...

D’autres posts évoquent l’Ice. Plus de voyageurs : plus de trafiquant, plus de trafiquant : plus d’Ice. Ça va être dur dans les familles, mais salutaire. Au début, les accros vont se manifester comme les habitants de Wuhan au premier temps du confinement...et puis le ciel va se dégager...l’air redevenir respirable. Les agités qui vendraient père et mère pour une bulle de mort vont se calmer. Ils seront obligés d’arrêter. C’est du moins ce que l’on peut légitimement espérer.

Alors oui, ce coronavirus est une épreuve. Mais élargissez vos lectures. Entendez les sociologues et les philosophes : nous avons l’occasion inespérée de tout changer. Et c’est maintenant.
 
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