Coco Hotahota laisse derrière lui un héritage inestimable

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Retour sur les planches pour la troupe de Coco Hotahota
Retour sur les planches pour la troupe de Coco Hotahota ©Polynesie1ere
Le chef de la troupe Temaeva s’en est allé à l’âge de 79 ans. Il préparait, disait-il son dernier Heiva. Coco voulait en faire son testament. Aujourd’hui, de nombreuses personnalités, des proches et des élèves du grand maître sont venus lui rendre hommage, à lui et sa famille, au CHT.
Rappelez-vous, c’était en novembre dernier durant l’émission "Sans Tabu". C’était la dernière apparition de Coco Hotahota sur nos écrans. Une nouvelle fois, ses lumières avaient été sollicitées pour parler du ori tahiti. Un domaine dans lequel il excellait... Bien plus qu’un héritage, c’est un trésor inestimable que Coco Hotahota laisse à la Polynésie et au monde entier. "Il nous a inculqués l'amour de notre pays. Une façon de voir la danse, il nous a pas appris à danser, il nous a appris l'esprit de la danse", confie émue Fabien Dinard, directeur du Conservatoire. 
 

Coco Hotahota, c’est un puits de connaissance sans fin. Un homme qui aimait sa culture, son pays pour qui il a tout donné. Tout donné pour les préserver… "Aujourd'hui, c'est peut-être prétentieux ce que je vais dire, mais je le pense vraiment, c'est une perte pour l'humanité toute entière car il l avait des messages qui sont universelles.  Qui parlaient avec beaucoup d'amour de son pays, de sa culture...", raconte Heremoana Maamaatuaiahutapu, ministre de la Culture. 
 

C’est sans aucun doute sa plus ancienne élève… Cathy a rejoint Coco Hotahota à l’âge de 17 ans et ne l’a jamais quitté jusqu’à aujourd’hui. Elle a connu le mentor, le professeur, le philosophe et le père de la troupe Temaeva, un groupe fondé en 1962. Il est l’un des plus titrés de la Polynésie. Le Maître s’en est allé, mais son œuvre, elle, est toujours là et pour longtemps encore. 
 



Retrouvez le palmarès de Te Maeva :
 

Palmarès de Temaeva




 
Portrait de Coco Hotahota par Thomas Teriiteporouarai

C’est une page de notre histoire, l’histoire de nos origines et de notre culture qui se tourne définitivement. Coco Hotahota quitte les planches, sans bruit, dans le silence de sa vallée de Papeari. Sur ses épaules reposait tout le poids d’un héritage patrimonial happé par le puritanisme évangélique et colonialiste.

Contre vents et marées, un nom va inciter le réveil culturel tant attendu dans les années 70, celui de Madeleine Mou’a, fondatrice du premier groupe de danse de l’histoire moderne de la Polynésie. Coco Hotahota en sera l’un des jeunes meneurs.

Sa forte personnalité l’amènera à poursuivre l’œuvre de son inspiratrice en créant sa propre troupe "Te Maeva" , Le salut . Dès l’aube des années 80, Temaeva explose. Jamais prestations n’ont autant brillé par leur authenticité et leur ferveur. Coco HotaHota reste à ce jour le plus ancien des chefs de groupe et Te Maeva le plus titré des groupes de danse.

Très assagi, le maître des danses, un peu en retrait, regardant les choses évoluer Place Toata, n’avait de cesse de contester les décisions des hautes instances qu'il accusait de laxisme culturel. Coco Hotahota était âgé de 79 ans.

 
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