polynésie
info locale

Connaissez-vous le 'Áreho ?

écologie tahiti
partula areho escargot
Un 'Areho relâché en septembre 2018, dans la vallée de Paea. ©LUCILE GUICHET-TIRAO/POLYNESIE LA 1ère
Les partula, ou 'areho en tahitien, s’étaient quasiment éteints il y a 30 ans, mais ils sont progressivement réintroduits. De la taille d'un ongle, c'est une espèce d'escargots arboricoles, décimés par un congénère carnivore. Il était autrefois très utilisé pour la fabrication de colliers.
 
Depuis les années 80, la Polynésie participe à un programme international portant sur les escargots appartenant à la famille des Partulas. Ceux-ci étaient autrefois très répandus sur l'ensemble des îles du Pacifique, d'où ils sont spécifiques. Les îles hautes de l'archipel de la Société hébergeaient en effet un grand nombre d'espèces, où la diversité des couleurs et des formes de coquilles était très appréciée pour la confection de colliers. Malheureusement, entre le milieu des années 70 et celui des années 90, la quasi-totalité des espèces s’est éteinte dans la nature. Cette extinction massive a été provoquée par l'introduction volontaire dans la région d'un escargot carnivore en tant qu'agent de contrôle biologique : l'euglandine. Celui-ci devait permettre de réguler une peste agricole introduite peu de temps auparavant, l’achatine. Mais, il a préféré les spécimens polynésiens, plus petits. 

Toutefois, l'International Partulid Conservation Program coordonné par la Société Zoologique de Londres (ZSL), a permis, au sein de zoos internationaux, la survie d'une dizaine d'espèces de cette famille. Dans les années 1980, des biologistes ramassent les derniers spécimens pour les placer dans quelques zoos britanniques, où un programme d’élevage est mis en place. Un programme unique au monde, financé par le zoo de Londres et la Diren en Polynésie. La réussite de ce travail a conduit à relâcher, à partir de 2015, des spécimens dans nos forêts pour reconstituer des populations.
Contrairement aux apparences, cette espèce est très rapide par rapport à ses congénères et elle vit dans les arbres. Les scientifiques sont donc optimistes quant à ses chances de survie en milieu naturel.

Les premiers résultats obtenus incitent à poursuivre ce programme pour lequel le ministère de la Culture et de l'environnement souhaite renforcer la collaboration régionale et locale en invitant les Pays et États du Pacifique ainsi que des experts internationaux.
 

Le 'areho, star d'un séminaire

Du 26 au 29 août se tient le séminaire 'Áreho, sur le patrimoine naturel et culturel, à l'hôtal Sofitel Tahiti Ia Ora Beach Resort.

L'objectif de ce partage d'expérience consiste à faire découvrir aux participants les spécificités liées à ce programme mené avec succès en Polynésie française. Les échanges porteront essentiellement sur la mise en œuvre des actions réalisées, les succès et les difficultés rencontrés avec des acteurs de la conservation impliqués dans ce même type de travaux. L'accent sera porté sur l'implication des populations actuelles et futures dans un programme qui peut dorénavant être étendu à d'autres pays. A l'issue de ce séminaire, il est attendu un réseau de référents établi et un plan d'action régional partagé dont la coordination sera assurée par la Polynésie française.
 
Connaissez vous le areho ?
Publicité