publicité

Crash de l'ATR de Taïwan: mystère autour de l'arrêt des moteurs

Les deux moteurs de l'ATR 72-600 victime d'un spectaculaire accident cette semaine à Taïwan étaient à l'arrêt avant la chute de l'appareil dans une rivière, qui a fait au moins 35 morts, a annoncé vendredi le bureau d'enquête taïwanais.

© (D.R.)
© (D.R.)
  • Pierre Emmanuel GAROT
  • Publié le , mis à jour le
Le bimoteur de la compagnie taiwanaise TransAsia s'est abîmé mercredi dans les eaux glacées d'une rivière peu après son décollage de l'aéroport Songshan de Taipei, avec 53 passagers et cinq membres d'équipage à bord, dont 31 ressortissants chinois.
              
Le vol GE235 avait pour destination Kinmen, petite île côtière située à proximité du continent chinois mais contrôlée par Taïwan.
              
Des images vidéo amateur ont montré l'ATR 72-600 à turbopropulseur en train de perdre de l'altitude et de décrocher, puis heurter le parapet d'un pont autoroutier et plonger dans une rivière en laissant derrière lui une traînée de débris.
              
"D'après les données dont nous disposons, nous pouvons constater que (...) les deux moteurs n'ont exercé aucune poussée" dans les instants ayant précédé le crash, a déclaré Thomas Wang, directeur du Conseil de sécurité de l'aviation civile en charge de l'enquête sur la catastrophe.
              
Une alarme s'est déclenchée signalant l'extinction du moteur droit à 10:53.28' alors que l'avion se trouvait à moins de 400 mètres d'altitude. Le pilote a aussitôt éteint le moteur gauche puis tenté de le redémarrer, sans y parvenir.
              
"Nous avons entendu un +SOS+ à 10:54.35'", a précisé M. Wang. "Nous n'avons pas encore déterminé pourquoi le moteur (gauche) a été éteint manuellement. Nous tentons toujours d'interpréter les données des boîtes noires", a-t-il dit.

Plus de risques de crash dans les pays tropicaux ?

Un pilote français émet aussi la piste d'une pollution de carburant. Précisant que sur un ATR 72-600, les deux moteurs fonctionnent tout à fait indépendament l'un de l'autre, selon lui, il est possible qu'ils aient été victimes d'une pollution de carburant. «Dans les pays tropicaux où le taux d'humidité est élevé, de la condensation se crée dans les réservoirs de carburant à tel point que les deux liquides (le carburant et le condensé d'eau) ne se mélangeant pas, l'arrivée d'eau dans les réacteurs inhibe alors la puissance dont les moteurs ont besoin pour fonctionner. Ceci pouvant provoquer leur arrêt en plein vol.»

Quatre ATR-72 600 du même type doivent être livrés à la compagnie Air Tahiti dans les mois à venir. Deux ATR-42 600 sont déjà en service.

(Avec AFP)

Sur le même thème

L'actualité la 1ère partout et à tout moment
Téléchargez l'application La 1ère
  • AppStore
  • Google Play