polynésie
info locale

Affaire Radio Ma'ohi : Fritch, ex financeur de propagande ?

justice tahiti
itw Edouard Fritch
Edouard Fritch et son avocat Me Yves Piriou ©Polynésie 1ère
Mis en examen pour "prise illégale d'intérêts" dans l'affaire Radio Ma'ohi, Edouard Fritch a été renvoyé ce mardi 8 mars devant le tribunal correctionnel de Papeete. Le délibéré est attendu pour 24 mai. Retour sur ce dossier.
C'est la chambre territoriale des comptes qui avait jugé les pratiques douteuses en 2010. Le parquet avait alors ouvert une information judiciaire, qui avait ensuite mené à la mise en examen d'Edouard Fritch pour "prise illégale d'intérêts" dans deux procédures. La première concerne Radio Ma'ohi, la seconde, l'embauche d'un collaborateur à l'Assemblée alors qu'il était au perchoir. Explication..

Le président du Pays s'est présenté au tribunal correctionnel dès 8 h, ce mardi matin. L'actuel chef du gouvernement était accompagné de l'ex animateur "vedette" de Radio Ma'ohi, Gustave Heitaa. Le premier est mis en examen pour "prise illégale d'intérêts", le second pour "recel de prise illégale d'intérêts". Il faut dissocier les deux procédures.

15 millions de subventions


La première procédure concerne l'attribution de subventions et de gratuité, à Radio Ma'ohi, grâce à deux délibérations votées par le conseil municipal de Pirae que présidait Edouard Fritch le 8 août et le 15 octobre 2007. Le parquet lui reproche d'avoir utilisé de l'argent public pour aider une radio associative à faire la propagande de son ancien parti, le Tahoeraa. "Faux"! répond Me Yves Piriou, avocat de la défense. "Il n'a jamais été prouvé que Radio Ma'ohi était une radio de propagande du Tahoeraa, et deuxièmement, Radio Tefana qui émet à Faa'a n'a, elle, jamais été inquiétée".


Quinze millions de francs ont été attribués à Radio Ma'ohi en plus d'équipements diverses, de prises en charge des factures d'eau et d'électricité, ou encore de la mise à disposition d'un agent. Selon le procureur José Thorel, Edouard Fritch, en sa qualité de maire et de vice-président du Tahoeraa à l'époque, avait bien "des intérêts directs et personnels en tant qu'ordonnateur des paiements".

A la sortie du tribunal, Edouard Fritch a estimé avoir défendu sa position lors de cette audience. Une position différente de celle du procureur.


Emploi fictif ou double emploi ?


Dans le second volet de l'affaire, Gustave Heitaa est soupçonné d'avoir perçu un salaire en tant que collaborateur d'Edouard Fritch, à l'époque président de l'Assemblée.  L'homme aurait touché ce salaire pendant 13 mois entre 2007 et 2009 mais sans y avoir jamais travaillé. Il s'agit d'un "emploi fictif" dénonce le procureur, "un double emploi" rétorque la défense.

Car Gustave Heitaa travaillait en même temps pour Radio Ma'ohi, en tant qu'animateur politique…Edouard Fritch a affirmé qu'il l'avait embauché pour des traductions en tahitien et Gustave Heitaa de rajouter que cela ne l'empêchait en rien de travailler à la radio.

En attendant, aucun contrat n'a été trouvé. "Ici, c'est la culture orale", a justifié Me Marchand, l'avocat de Gustave Heitaa.

A l'issue de l'audience de ce mardi matin, le procureur a requis trois millions d'amende contre Edouard Fritch et un million cinq pour Gustave Heiataa.Le magistrat n'a en revanche demandé aucunes peines de prison et d'inéligibilité. Le délibéré est attendu pour le 24 mai prochain.


Retrouvez le reportage complet de nos journaliste dans l'édition du journal de ce 8 mars sur Polynésie 1ère
Publicité